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PHOENIX
Juin 2006
  
JOURNALISTE :
-the lord
  
INTERVIEW AVEC :
Deck d'Arcy
Bassiste
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Si je voulais embêter Phoneix je parlerais des golden boys de la région parisienne dans cette intro. Mais comme It's Never Been Like That (cliquez ici pour lire la chronique) est un album plutôt agréable je n'ai pas spécialement envie de rentrer dans la lard du groupe où Deck d'Arcy officie en tant que bassiste. Ce dernier est revenu pour nous sur le virage pris par le quartette avec ce troisième opus.

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-the lord : Vous semblez crier sur tous les toits que It's Never Been Like That est un nouveau départ pour vous. Pourtant même s'il est différent des deux précédents albums, je trouve que c'est surtout la production qui le démarque du reste. Le disque est plus brut, moins clinique, plus direct et donc du coup un peu moins pop mais en ne considérant que la musique on a clairement affaire au même groupe. Tu es d'accord ?

Deck d'Arcy (basse) : Oui, c'est vrai. Nous avons toujours aimé les "chansons" mais ce coup-ci nous ne nous sommes pas du tout concentrés sur les détails. Au contraire, nous avons joué tout en live et laissé des imperfections. Nous sommes arrivés en studio sans avoir rien écrit : nous jammions avec des guitares et des claviers dans une pièce du studio et à côté nous avions un endroit où nous pouvions tout enregistrer. La démarche était donc hyper spontanée ; c'est ce qui est vraiment nouveau puisque jusqu'alors il n'était pas rare que nous partions dans des idées totalement abstraites. D'habitude nous étions plus dans la "bidouille" bien que je déteste ce mot.

-the lord : Comment expliques-tu cette réaction ? Un raz le bol des précédents albums ?

Deck d'Arcy : Le premier album possédait des morceaux tous extrêmement différents les uns des autres. Il y avait de la country, du hip-hop, de la disco, etc. Aujourd'hui nous voulons tout simplement davantage homogénéiser ce que nous jouons. De plus, nous tournons beaucoup et nous voulions des morceaux taillés pour la scène car les arrangements des précédents, au fil des concerts, avaient évolué en ce sens.

-the lord : Bien que je trouve que It's Never Been Like That soit votre meilleur album, je trouve dommage d'avoir fait une production aussi seventies. Du coup, on n'oublie un peu que ce disque sort en 2006 ; il ne sonne pas comme de la musique de 2006...

Deck d'Arcy : Tu veux dire qu'il sonne comme un disque de 2010 (rires) ? En fait, le son ce coup-ci on s'en foutait. Par le passé, c'était une obsession. Là, seule la sincérité des morceaux comptait à nos yeux. Je ne sais pas si on refera la même chose à l'avenir. Nous avons des périodes. Malgré le fait que je sois d'accord avec ce que tu as dit, c'est amusant de voir que pour beaucoup de monde Phoenix a toujours joué une musique datée et typée années 70 voire 80. Pour ces gens-là, It's Never Been Like That serait presque un disque de l'ère du temps. Je comprends d'une certaine manière ce point de vue là aussi mais la vérité est que nous n'avons cherché à faire un disque ni du futur ni du passé, juste un disque comme ça.

-the lord : A une ou deux exceptions près, It's Never Been Like That ne compte que des tubes potentiels... Ce n'est pas très courant !

Deck d'Arcy : Je prends ça comme un chouette compliment car nous avons toujours aimé les morceaux qui tiennent bien la route. Nos références sont à trouver parmi les songwriters et nous essayons de leur faire honneur à travers notre musique. Perso, je suis un gros fan de Nick Drake ou Van Morrisson. Il y a des influences très larges dans le groupe des Stooges pour le côté cool au Velvet Underground pour le côté artistique. Nous avons aussi de fortes influences soul mais qui ne transparaissent pas beaucoup sur cet album. Alphabetical au contraire était un disque de blacks. Nous avons tendance à extrapoler du fait que nous soyons les compositeurs et instrumentalistes : Alphebtical est presque du hip hop pour nous alors que la majorité des gens il s'agit simplement de pop.

-the lord : Est-ce que tu as l'impression de ne pas avoir la reconnaissance que vous méritez en France ? Il y a beaucoup de gens qui ne savent même pas que Phoenix est un groupe français...

Deck d'Arcy : Je peux les comprendre car nous ne faisons pas tout pour prouver que nous sommes français. Nous sommes assez discrets : pas timides mais nous ne passons pas notre temps à nous afficher en public. Pour la reconnaissance que l'on mértite, c'est assez subjectif... Il y a clairement d'autres pays où c'est plus évident pour nous. A la fin des années 90 quand la scène électro française a percé à l'étranger avec Daft Punk puis Air et consorts, cela a ouvert de nombreuses portes pour tout le monde, nous y compris. A l'étranger notre musique est généralement mieux perçue car en France il y a toujours des apriori négatifs sur nos origines "banlieue du sud ouest". Bon tout ça c'est vrai vu que nous sommes de Versailles (rires) ! Mais l'image de jeunesse dorée qu'on nous colle à la peau est fausse. Nous sommes issus d'un milieu normal et victimes d'un stéréotype. Aux Etats-Unis venir d'un endroit comme Versailles est plutôt cool. Pourtant ce n'est en réalité ni bien ni mal... De plus, peu de gens le savant mais Versailles est un vrai ghetto psychologique. Le taux de suicide est vraiment élevé ; ce n'est pas une ville facile. Nous avons fait de la musique clairement parce que c'est une ville nulle (rires).

-the lord : Et enfin dernière question : as-tu quelques affinités avec la scène metal ?

Deck d'Arcy : J'adore System Of A Down. J'aime aussi Queens Of The Stone Age et le groupe de Dave Grohl, Foo Fighters, mais je ne sais pas si c'est vraiment du metal. Je ne suis pas un gros pointu sur cette scène car je n'ai jamais vraiment su cerner le "truc", la limite précise entre hard, metal ou rock. Je suis peut-être trop vieux, maintenant (rires). Ma soeur qui a dix-huit ans est à fond là-dedans. Généralement, j'apprécie le boulot de Rick Rubin même s'il ne fait pas que du metal. Sinon j'aime assez AC/DC.

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