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J’adore Peter Gabriel. Je l’admire, depuis plus d’une semaine maintenant. Depuis que je sais... depuis que j’ai vu... ce dont il est capable. Je ne m’attendais vraiment pas à ça... je n’en fus que plus émerveillé. Pourtant, ça faisait un bout de temps que je l’attendais, ce concert. Places achetées six mois à l’avance, pour un show qui a dépassé tous mes espoirs... oh, je m’attendais à de l’excellent, du carré, du rondement mené. Mais là, c’était tout simplement sublime, énorme, dantesque. Et dire qu’on a eu peur...
Peur de ne pas y être à temps
! Foutues grèves... arrivée à Bercy à 20h30 : j’ai loupé quasiment toute
la première partie : The Blind Boys of Alabama, qui avaient néanmoins l’air
de bien assurer ! Petit coup d’œil à la scène circulaire, avec une partie
tournante et une mini-scène au sommet, qui servira à plusieurs reprises au
long du show mais chut : nous y viendrons en temps et en heure...
21h00 passées : les lumières s’éteignent et Peter monte sur scène... «
Bonsoir, et merci d’être venus avec les problèmes là-bas ! » Il assurera
tout le show en français, parfois incompréhensible, mais le plus souvent très
maîtrisé : rien que ça, ça donne envie de l’aimer. Parce c’est la preuve
d’une grande modestie et d’un profond respect pour son public : on est loin,
très loin des clichés habituels des concerts rock. Et c’est parti : « Here
Comes The Flood », seul au piano, et la scène se met à tourner lentement,
merveilleuse sensation... quel âge a-t-il, Peter ? 53 ans ? Parce que,
laissez-moi vous dire, sa voix n’a rien perdu de sa force. Elle reste toujours
aussi puissante et touchante, et ne craint absolument pas les montées dans les
aigus... c’est superbe, et ça ne fait que commencer... Les musiciens
arrivent, tous vêtus de noir : « Darkness » éclate.
Je dois l’avouer, ce fut le
moment le moins brillant du live, peut-être à cause de certains passages assez
confus : le son ne devait pas être parfaitement réglé. Mais à partir de «
Red Rain », et surtout « Secret World », ce fut un véritable enchantement.
Des jeux de lumières époustouflants, sans verser dans la pyrotechnie ou
l’artillerie lourde... et quel showman, ce Peter ! Avec son tambourin, il
parcourt la scène dans tous les sens, déborde d’énergie et s’amuse comme
un gosse... et Levin, bon dieu, quel bassiste... quelle classe ! Et les Blind
Boys, qui rejoignent la scène pour « Sky Blue », ce sont tout sauf des
amateurs. Voilà que leurs voix montent en puissance tandis que la batterie de
Lynch se fait plus agressive... et Melanie, lorsqu’elle chante avec son père
pour un « Downside Up » d’anthologie, où tous deux se retrouvent la tête
en bas, parcourant la mini-scène...
Il y a aussi « The Barry Williams Show » où Peter s’amuse à filmer le
public et les musiciens : l’intérêt du titre est particulièrement rehaussé.
« Mercy Street » et son refrain chanté a-cappella par l’ensemble des
musiciens... à vous foutre des frissons ! Une version apocalyptique de «
Digging in the Dirt », avec un David Rhodes impeccable de bout en bout... «
Growing Up » et voici Peter dans sa bulle, parcourant la scène, sautillant en
rythme, déchaînant la foule... « Animal Nation » ou comment transformer un
morceau que les trois-quarts de l’assistance n’ont jamais entendu, en un véritable
hymne ! A la fin du morceau, le public était chaud bouillant et hurlait à
pleins poumons le gimmick final, devant un Peter amusé... Il présente alors
tous les musiciens dans un style qui ne déplairait pas à Philippe Bouvard...
on apprend par exemple que Rhodes est passé maître dans l’utilisation d’un
certain instrument... qui produit du vent!
Mais bientôt, nous voilà repartis pour le summum du show : d’abord un «
Solsbury Hill » parfait, avec Peter arpentant la scène en vélo ; puis un «
Sledgehammer » qui pète le feu, avec l’archange Gabriel scintillant de mille
feux : la foule est en liesse, tandis que Rhodes et Levin effectuent une chorégraphie
très... spéciale ! Et puis « Signal to Noise »... terrifiant. Honnêtement,
je pensais que la version live serait inférieure à celle du disque. Eh bien...
ce fut exactement le contraire ! Car à la puissance symphonique de la
versionoriginale, a été rajoutée une sauvagerie rock, qui atteint des sommets
dans le crescendo de violons ! Saisissant... et carrément dément.
Le groupe quitte la scène... les rappels ne tardent pas : et donc, l’apothéose
de ce live : une version homérique et époustouflante de « In Your Eyes »,
avec un invité surprise : le grand, l’immense Youssou n’Dour, venu spécialement
pour Paris ! Oh mon dieu... quelle force, quelle rage ! J’aurais voulu que ça
ne s’arrête jamais, tant c’était fort... ça fait partie de ces moments
rares où on ressent la musique à
fond, on n’a même plus l’impression d’écouter : fantastique. On reprend
ses esprits avec un magnifique « Come Talk To Me », puis le concert finit
comme il avait commencé : sur une note intimiste : « Father, Son » : seuls
restent Gabriel et Levin, à la basse ici discrète. La boucle est bouclée, et
de somptueuse manière. 2h30 de bonheur : Arthur peut aller se rhabiller.
Il y a encore des tas de choses à dire sur ce concert : j’aurais pu vous
parler des petites histoires de Peter entre chaque morceau, de la mise en scène
globale, de... mais l’essentiel est dit : ce fut FANTASTIQUE, et ce n’est
pas demain la veille que je verrai un concert aussi réussi ! Merci encore à
toi, Peter, et reviens à Paris quand tu veux!
Setlist
- Here Comes The Flood
- Darkness
- Red Rain
- Secret World
- Sky Blue (w/ Blind Boys of Alabama)
- Downside Up
- The Barry Williams Show
- More Than This
- Mercy Street
- Digging in the Dirt
- Growing Up
- Animal Nation
- Solsbury Hill
- Sledgehammer
- Signal to Noise
- -------------------
- In Your Eyes (w/ Youssou n'Dour)
- Come Talk To Me
- Father, Son
Flowerking
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