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Tout
est dans le nom: Peter Pan Speedrock. Ce power trio de furieux nous
joue un croisement de punk et de rock au tempo très enlevé. On
pense souvent à Motörhead, à AC/DC, à Black Label Society, à
The Hellacopters, aux Backyard Babies ou même aux derniers
Entombed. Du beau monde, en somme, et que des tendres pour décrire
le groupe hollandais originaire d'Eindhoven. Comme ils aiment à le
dire, les trois musiciens ont pour eux la hargne et l'écriture pour
rassembler des profils d'auditeurs complètement différents. On
imagine aisément des punks aussi bien que des cadres stressés, des
motards, des rednecks en puissance ou encore des skaters trouver
leur compte dans le rock riche en protéines distillé par Peter Pan
Speedrock.
Spread Eagle est le type de disque qui mise sur
l'intensité plutôt que sur la durée. En même pas quarante
minutes, il vous exténuera par sa rapidité et violence
extrêmement bien rodées. Peter Pan Speedrock a
pour lui l'expérience des années et cela se sent par sa manière
de jouer et son sens de la mélodie punk hard rock imparable
(Cock-Teaser, Damn You All To Hell, Outta Control, Tonight Allright...). Difficile
alors de critiquer le son lourd, cradingue mais néanmoins puissant
qui laisse parfaitement transparaître la masterisation de Peter In
De Betou. Cela donne une couleur plus metal/stoner que punk a la
musique bien que sur le fond elle se rapproche plutôt de ce dernier
courant.
En tout cas, par ce tour de passe-passe vraiment
bien éxécuté, il sera difficile de classer Peter Pan
Speedrock dans une seule case musicale et cela permet au groupe de
laisser parler un nombre assez impressionnant d'influences.
Résolument placé sous le signe de la bonne humeur et de l'american
touch, Spread Eagle n'est pas un album dont il est facile d'extraire
quelques pistes dont on raffole plus. En effet, malgré une accroche
mélodique plus ou moins prononcée en fonction des plages, la
plupart des morceaux jouent sur le même tableau: des riffs
emballés à la va-vite appuyés par un chant vindicatif qui colle
superbement à la musique. Les soli de guitares sont pour leur part,
assez clichés et se contentent de perpétuer la tradition de la
cacophonie outrancière. Heureusement, ils ne sont pas très
nombreux et vraiment courts.
A bien y regarder, avec Spread
Eagle, Peter Pan Speedrock souffre du revers de ses qualités...
Après avoir apprécié l'énergie ambiante et la bonne
"musique à bière", on sent qu'il nous manque quelque
chose de plus durable. A force d'éviter toute subtilité et toute
recherche de différenciation, Spread Eagle finira immanquablement
par ennuyer. Sur les treize titres, seul Damn You All To Hell change
un peu le style en copiant avec bonheur Motörhead. La prise de
risque est minime; ainsi le résultat global ne peut décrocher le
jackpot...
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