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A la
suite de la reformation de Van Der Graaf Generator l'an dernier,
Peter Hammill est de nouveau sous les projecteurs. Il faut dire que
sa carrière solo l'avait quelque peu fait oublier des amateurs de
rock expérimental à tendance progressif. Comme beaucoup de ses
camarades ayant eu leur heure de gloire dans les années 70, il se
manifestait surtout par le biais de concerts et d'enregistrements
live à répétitif. Ce
n'est donc pas très surprenant de retouver en 2006 un nouvel
album... live.
Se focalisant majoritairement sur les
dernières réalisations studio d'Hammill et ne faisant que très
peu doublon avec les tracklists des précédents disques live, Veracious se présente
comme un album original pour la tête pensante de Van Der Graaf
Generator. En effet, il s'agit d'une compilation de morceaux
acoustiques joués avec en compagnie du violoniste Stuart Gordon. Le duo ne
manque pas l'occasion d'aller triturer le répertoire solo du
multi-instrumentaliste pour le rendre encore plus chaotique et
cacophonique. A ce titre, on se pose la question de savoir s'ils
n'en font pas trop en réduisant une bonne demi douzaine des
morceaux à l'état de compote musicale. Les parties de claviers et
de guitare ne semblent pas conçues pour servir la mélodie mais
plutôt pour accentuer la folie d'un compositeur qui ne s'assagit
pas avec le temps...
Même si cela est constitutif du style
de Peter Hammill et a contribué à façonner sa réputation, il en
fait trop sur Veracious notamment vocalement, un domaine dans lequel
il n'emmène pas large (A Better Time et Gone Ahead où il chante
complètement faux avec une voix erraillée difficilement
supportable). Heureusement, l'attrait principal de ce live, Stuart
Gordon, est lui à la hauteur de l'événement. Son violon tisse
délicatement ou aboie sauvagement, c'est selon, et enrichit une
musique souvent trop dépouillée pour provoquer le moindre frisson
chez l'auditeur (l'intro de Like Veronica). Par ailleurs, quelques
incursions plus mélodiques transparaissent çà et là mais ne
prennent jamais le dessus sur une ambiance assez morne et une
musique interprétée sans magie.
Quelques sursauts parsèment
tout de même Veracious et pourront servir de point d'ancrage à
tous ceux qui sont un peu décontenancés par sa forte teneur
bruitiste. Signalons l'émouvant Driven ou le bizarroïde Amnesiac,
prouvant tous les deux que lorsqu'un artiste possède un style aussi
affirmé que celui de Peter Hammill, il lui sera toujours possible
d'écrire quelques bonnes compositions. Pour le reste, ce live
acoustique donne la triste impression de faire l'apologie du
remplissage et l'absence totale d'ambiance de la part du public
confirme qu'il n'y a globalement pas matière à vibrer.
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