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Il
est toujours risqué de mette ses défauts en avant dans une
biographie. On peut tenter le coup de bluff, histoire que l'auditeur
se dise "wow, ils ont évolué, mortel!", mais on risque
aussi de se les reprendre en pleine poire s'ils sont encore présents.
Le label de Perzonal War le dit d'entrée: le groupe fut critiqué
à ses débuts car ils sonnaient comme Metallica. On sous-entend
donc que ce n'est plus le cas… Il faut dire qu'à quelques
exceptions près, on sous-entend bien, car ce When Times Turn Red
n'a rien d'une copie carbone et réserve même quelques bons moments
de métal.
Bon c'est sûr, ça commence assez mal dans cette
optique: le riff d'entrée du title-track When Times Turn Red et le
couplet rappellent quand même beaucoup la période thrash des Four
Horsemen. La voix de Matthias Zimmer en rajoute une couche: son
timbre mélodique/agressif est incroyablement proche de celui
d'Hetfield. Mais quand le refrain arrive l'homme laisse parler son côté
lyrique, et son chant clair puissant oriente le groupe dans une
toute autre direction, beaucoup plus heavy metal. Le même constat
vaut pour la chanson In Flames: riff Bay Area et chant renvoient à
Master Of Puppets sur le début du titre, mais le refrain hyper mélodique
-et assez réjouissant, au passage- tape presque dans le power metal.
Les racines allemandes ressortent, pourrait-on dire… De plus le
riff thrash en question est légèrement polyphonique et s'éloigne
ainsi de l'œuvre d'Ulrich and co. L'évolution continue au fur et
à mesure qu'on avance dans l'album: For The Last Time a un côté
assez Schuldinerien et la ligne de chant comme le timbre de Zimmer
me rappellent Tim Aymar de Control Denied quand il ne crie pas. Là
encore, la mélodie s'incruste instantanément dans le crâne pour
ne plus en ressortir, car Perzonal War a un talent indéniable pour
composer des titres à la fois agressifs et accrocheurs.
Vous l'aurez compris, on brasse beaucoup
d'influences là-dedans. Cela appelle nécessairement une production
balèze car il faut bien s'adapter… Pas de souci de ce côté-là.
Les guitares sont très thrash et incisives, et si la grosse caisse
est un poil en arrière (étonnant pour un groupe allemand!) la
batterie reste bien claquante. La basse est très métallique et
assure principalement un rôle de soutien, et la prise du chant est
vraiment réussie: sans tout écraser, la voix de Zimmer est très
bien intégrée au tout. Pour résumer, quand le groupe balance des
riffs thrash véloces ça cogne, et quand il part dans la mélodie
c'est réussi. Exemple flagrant, le titre The Unbeliever qui lorgne
très fort sur Paradise Lost période Draconian Times. Ce titre est
du pur metal goth, et s'il n'est pas foncièrement révolutionnaire
il reste très plaisant, notamment du fait de la "heavy-metal
touch" présente çà et là. Un exercice de style réussi en
somme.
En gros, Perzonal War a sorti avec When Times
Turn Red un album de métal varié et très entraînant, piochant
juste ce qu'il faut dans l'héritage du thrash de la Bay Area pour
mieux s'en détacher. On sent nettement la volonté du groupe de ne
PAS sonner comme Metallica et cette démarche est honorable: Zimmer
semble ne pas abuser volontairement pas de son timbre mélodique/agressif,
car dès qu'il le fait l'ombre du grand Djaymz revient planer de
manière insistante sur lui et sa formation… Le couplet de New Age
est saisissant de ce point du vue: tant qu'il chante en "râpeux"
ça sonne comme Metallica, et dès qu'il passe en clair plus du
tout! Compensant une filiation un peu lourde (les passages speed
restent très marqués) par une bonne couche de modernité et une
recherche mélodique constante, Perzonal War signe avec cet album un
recueil de chansons efficaces et rafraîchissantes. On notera
particulièrement la réussite du groupe dès qu'il flirte avec le
gothique (The Unbeliever mais aussi le réussi Frozen Image), ce qui
laisse espérer une évolution positive dans l'avenir. Un bon album
au final.
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