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Est-ce
la récente parution du premier album de Savage Circus, ayant tourné
les projecteurs un instant vers Jens Carlsson et Emil Nornerg, qui a
motivé la réédition de The Hunter? Il faut dire aussi que, étant
donné l'état miteux du label de Persuader à l'époque, seule la
France put accueillir le premier album des Suédois en 2000. The
Hunter ressort aujourd'hui, dans une version agrémentée de deux démos.
L'occasion de revenir sur les débuts de ce groupe qui commence
seulement à sortir de l'underground.
Quelques efforts de production auraient pu être
faits. Le disque n'a subi aucune modification, pourtant c'était là
l'un de ses défauts majeurs. Les guitares et la voix sont
lointaines, étouffées; le manque d'expérience des musiciens en
ressort exacerbé. Car à subir la comparaison avec Evolution
Purgatory, ou même avec Dreamland Manor de Savage Circus justement,
The Hunter paraît bien pâlot. La musique du groupe, à ses débuts,
se situe quelque part entre le heavy-speed à l'allemande, tendance
bourrin, et le thrash des premiers Metallica; soit du déjà
entendu. Toutefois le groupe manifestait déjà un interêt certain
pour les compositions non linéaires, éparpillées et destructurées.
"Fire At Will" et "As You Wish" possèdent
ainsi, déjà, la marque du combo.
Son style se forgera plus en profondeur par la
suite, avec notamment des efforts tout particuliers donnés aux
lignes vocales. Point trop de choeurs ni de backings sur The Hunter,
le metal reste brut de décoffrage. Même si Jens Carlsson sait déjà
de fort belle manière mettre son organe en valeur, avec des envolées
aiguës écorchées totalement maîtrisées. Les deux meilleurs
morceau de ce premier album, "The Hunter" et
"Escape", bénéficient particulièrement de son talent.
En outre, les soli sont très bons, les mélodies sont solides, les
breaks arrivent au bon moment; voilà une belle approche du
heavy-metal. A noter qu'un clip - complètement bidon - fut tourné
pour "The Hunter". D'autres chansons ne sont pas dénuées
de qualités, comme "Cursed" ou "Heart And
Steel", mais les idées qui y sont développées s'avèrent par
trop conformistes ou bien mauvaises, tout simplement. L'irrégularité
est l'apanage des débutants. Mais Persuader possède déjà son
originalité. C'est déjà beaucoup.
Les deux démos bonus sont celles de
"Cursed" et de "Escape", sans grand intérêt
puisqu'encore moins bien mises en son. Les futur-fans seront sans
doute ravis de leur présence, cela dit. Mais le principal regret
est là: quitte à ressortir un disque, pas vraiment culte qui plus
est, autant chercher à en corriger les lacunes et à en pallier les
carences. De toute évidence, cela n'a pas été fait ici. Persuader
doit sortir incessamment un troisième album; si le groupe continue
sur sa lancée, il sera vraisemblablement bon. Consolons-nous en
pensant aux gens qui, séduits, pourront via cette réédition accéder
plus facilement à la discographie complète du groupe. Car il mérite
que l'on s'y intéresse. Rendez-vous en janvier pour When Eden
Burns.
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