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Pendragon
nous a habitué à prendre son temps pour faire ses albums et
Believe en est une nouvelle fois la confirmation. Quatre ans après
Not Of This World, on tient donc enfin un successeur à ce qui est
souvent considéré comme un des sommets du néo progressif. Believe
s'inscrit dans la lignée du style eighties du courant initié en
partie par le groupe avec ce mélange traditionnel de claviers
symphoniques, de soli de guitares aériens à rallonges et de lignes
vocales à l'accent anglais prononcé.
Pourtant Pendragon essaie tout
de même d'apporter de nouveaux éléments à sa musique avec des
bruitages omniprésents, du chant féminin et même des samples ou
passages parlés. Mais cela sonne au final assez artificiel et ne
permet pas de servir les compositions de manière positive. Ce ne
seront donc que les ingrédients habituels du groupe qui marqueront Believe. Et comme la discographie
du quartette n'est pas spécialement concentrée, on
ne peut pas dire qu'on soit saturé des superbes alternances entre
guitares acoustique et électriques, des passages instrumentaux
joués à fleur de peau, des mélodies vocales théâtrales et de la
complémentarité de la section rythmique.
Lorsque Pendragon se donne
les moyens d'être émouvant, cela paie. The Edge Of The World ou
les passages So Be My Sowest et Two Road de The Wishing Well sont à
cet égard brillants. On prend de pleine face les arrangements
succulents concoctés par Nick Barrett à la guitare. C'est bien ce qui
démarque Pendragon de tous les autres groupes de néo-prog, IQ en
tête. Alors que ces derniers misent une grosse partie de leur
musique sur les claviers, Clive Nolan sait se tenir à l'écart bien
que cela ne fût pas toujours pas toujours le cas par le passé. Sur
Believe, ces interventions ne sont pas (trop) grandiloquentes et
surtout jamais écrasantes pour les autres musiciens. Chacun d'entre
eux a la possibilité de se mettre en avant même si on retiendra
avant tout Nick Barrett, impeccable tant au chant qu'à la guitare. On sent donc
que chaque piste a été composée dans le but d'être la meilleure
possible et non dans l'optique de servir de terrain de jeu pour
exprimer une technicité débordante de stérilité.
Malgré cela No Place For The Innocent rate complètement le coche
en tentant de jouer la carte du big rock en lieu et place d'un rock
progressif sensoriel dans lequel Pendragon se débrouille nettement
mieux. La plage introductive, Believe, est également un cuisant
échec. Le groupe a sûrement cherché à mettre l'auditeur dans un
état d'esprit contemplatif avant de le prendre par surprise avec le
mouvementé No Place For The Innocent, mais c'est raté. Learning
Curve en dépit de plusieurs bonnes idées n'est pas très bien
construit et traîne un peu trop en route. Fort heureusement, le
reste de l'album ravira les fans et, à l'instar du Dark Matter
d'IQ, il devrait permettre aux gens qui avaient tiré un trait
définitif sur le style de se réconcilier avec. Sans surpasser Not
Of This World et sans réserver de surprises phénoménales, Believe
reste un disque racé au caractère propre qui n'aura aucun mal à
satisfaire les amateurs de rock progressif à l'ancienne.
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