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Line-Up :

Patrick Rondat (guitare+claviers)

Dirk Bruinenberg (batterie)

Patrice Guers (basse)

 

 

  

 

Patrick Rondat - An Ephemeral World (2004)

 

Chansons Qui Tuent :

Donkey's Island

Tethys

Avalonia

 

   

 

    

 

 

Après une longue absence mise à profit pour jouer au sein d'Elegy et Consortium Project, Patrick Rondat revient avec un album solo inventif. Les onze compositions de cet album (plus une intro) ont été écrites et peaufinées pendant deux ans et cela s'entend. Finies les avalanches et les descentes de manche; Patrick Rondat nuance sa musique comme l'on doit le faire pour rendre un album instrumental intéressant. Et pour être sûr de réussir dans son entreprise le bougre s'est entouré des excellents Dirk Bruinenberg (Elegy) à la batterie et Patrice Guers (Rhapsody) à la basse ce qui confère à An Ephemeral World une maîtrise instrumentale hors du commun.

La force de ce disque est sa capacité à inclure de nombreux passages atmosphériques où la guitare est quasiment absente comme l'intro de Ephemeral World par exemple. Patrick Rondat a tout misé sur les compositions et non sur les prouesses techniques qu'il peut accomplir. Néanmoins l'un n'empêche pas l'autre et c'est avec joie que l'on retrouvera quelques plans d'une technicité aussi impressionnante que la parcimonie avec laquelle elle nous est servie. Seul le morceau final, Partita N°1 for Violin Solo (J.S. Bach), est technique de A à Z et, avec tout le respect qui est dû à J.S. Bach, il faut bien admettre que c'est le plus quelconque du disque mais aussi le moins agréable à écouter...

On préférera entendre les titres ambitieux écrits par le guitariste et qui parsèment l'album. Conscient du fait que la musique instrumentale a plus de mal à capter l'attention que les morceaux chantés, Patrick Rondat dynamise ses morceaux en enchevêtrant de nombreux mouvements les uns dans les autres. Les changements de rythme s'enchaînent aussi vite que les changements d'ambiance. A ce stade les soli passent carrément au second plan! Rarement un disque labellisé "guitar hero" aura été aussi passionnant et aussi peu ennuyant. On comprend que l'expérience Elegy a inspiré Patrick Rondat dans l'écriture de ses morceaux, tous joués avec une sincérité et une générosité à l'image du personnage, c'est à dire grande.

Le seul regret, tout de même de taile, réside dans le fait que Rondat n'explore pas d'autres horizons plus variés, car aussi fréquents soient les changements d'ambiances on retombe rapidement dans une case par laquelle on est déjà passé, même entre les différents morceaux. On sait l'artiste capable de faire de grandes choses aussi bien techniquement (Avalonia, Partita N°1 for Violin Solo (J.S. Bach)) qu'au niveau de l'écriture (Thethys, Donkey's Island), on regrette simplement qu'il n'utilise pas ses talents de compositeur pour écrire de meilleures parties de claviers, toujours un peu limites sur ce disque. Espérons maintenant qu'il concrétisera ce bon An Ephemeral World par d'autres albums aussi innovants pour totalement révolutionner un style musical qui a depuis longtemps sombré dans un monde où l'originalité est futile...

 

13.5/20

 

-the lord (Avril 2004)

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