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Décidément
la période est propice aux réunions de musiciens connus. Paths Of
Possession comporte en son sein un Cannibal Corpse au chant, a compté
en ses rangs un ex-Morbid Angel à la guitare (Richard Brunnelle,
remplacé par Jack Goodwin depuis), ce Promises In Blood est produit
par Erik Rutan (ex-Morbid Angel, Hate Eternal) et le groupe est
managé par Andy B. Franck (Symphorce)! Ce n’est plus un
groupe, c’est un mini-festival. Ne vous fiez en tout cas pas à la
présence de l’ami Corpsegrinder au chant: Paths Of Possession ne
sonne pas du tout comme Cannibal Corpse.
Dès le premier titre c’est évident: on est
dans un heavy/thrash à guitares parfois mélodiques et pas du tout
dans un death furieux. Mis à part la double pédale qui bastonne le
plan d’ouverture pourrait venir de n’importe quel groupe de
heavy gentil car la mélodie prime sur les riffs. Puis le chant
arrive et là c’est autre chose: je ne vais pas vous présenter
Corpsegrinder, prenez n’importe quel album de Cannibal Corpse et
vous vous rendrez compte par vous-même! Le bonhomme hurle vraiment
bien, et il met dans Paths Of Possession l’accent sur son registre
aigu, qu’il n’utilise que rarement dans son groupe principal. Le
reste du groupe est composé de bons musiciens qui savent sans aucun
doute poser un riff ou une rythmique heavy/thrash. Le batteur est un
bourrin de bon aloi qui joue bien pour les standards du genre sans
être exceptionnel non plus. Par contre il sonne assez mal… La
caisse claire n’a aucun impact et la double pédale non plus, même
si elle est très audible. Erik Rutan sait beaucoup mieux produire
les guitares que la batterie semble-t-il, car celles-ci sonnent
aussi bien en rythmique qu’en soli pour un résultat à la fois
« clean » et puissant. Vraiment dommage pour la
batterie…
Si le premier titre tape franchement dans le
heavy mélodique, le groupe durcit le ton dès les titres suivant.
On trouve donc des riffs thrash bien speed comme des passages lourds
à la limite du doom ou du hardcore qui pilonnent l’auditeur au
sol, et un goût prononcé pour les riffs en twin lead qui
rappellent instantanément In Flames. Le chant de Corpsegrinder
ancrant irrémédiablement le tout dans l’extrême, Paths Of
Possession peut donc être rangé aux côtés des innombrables
groupes d’extrême généraliste, ceux qui combinent un peu tout,
du heavy au death si ce n’est que les riffs eux-mêmes ne sont
que très rarement extrêmes! Mis à part quelques rares riffs
ultrarapides typiquement death, le sommet de la violence est limité
aux riffs de thrash Bay Area (comprendre inspirés du « Big
Four » composé de Metallica, Slayer, Megadeth et Anthrax)
dont cet album est truffé. Cet album risque donc de dérouter les
fans d’extrême comme les fans de heavy: les premiers le
trouveront peut-être un peu mou du genou tandis que les deuxièmes
déploreront l’absence de chant clair et le growl permanent. Ce côté
« cul entre deux chaises » ne gênera normalement pas
les gens qui accrochent sur le heavy comme sur le death en tout cas.
Paths Of Possession a malheureusement un défaut
principal… Voyez-vous, j’écoute souvent mes disques la
première fois en faisant autre chose en même temps. Le but: voir
si l’album qui passe en fond va me faire bloquer, être
suffisamment marquant pour que je lève le nez de ma casserole ou de
mon balai. Et Promises In Blood a totalement échoué à ce test
hautement scientifique… J’ai juste remarqué à un moment que
l’album était fini, basta. Même le growl de Corpsegrinder ne
m’a pas fait tiquer! Et plus j’écoute cet album, plus le même
adjectif revient à mon esprit: c’est commun. Banal. Bien sûr
c’est catchy, bien joué et rempli de riffs. Mais cela n’empêche
pas Paths Of Possessions de sonner comme n’importe quelle autre
formation du genre! Point d’originalité ici ou de riff révolutionnaire,
la seule caractéristique un peu inédite étant l’insertion de
passages à la In Flames dans un heavy/thrash classique. Pas de quoi
fouetter un chat, et j’avoue que quand j’ai pris connaissance de
l’histoire du groupe et des membres de son line-up j’ai été
d’autant plus déçu. Comme pour Scum et Painmuseum le constat
revient: quand on est un all-star band on n’a pas le droit d’être
moyen.
Promises In Blood va donc rejoindre dans mon
esprit les innombrables autres groupes résumables au commentaire
« pas mal, bien foutu, sûrement dévastateur en live, mais
pas assez original pour mériter une super note ». C’est
triste de devoir faire un commentaire comme ça sur un album qu’un
néophyte trouverait sûrement génial… Mais voilà, je ne suis
pas un néophyte. J’ai écouté des dizaines et des dizaines
d’albums de métal extrême, et cet album pourtant loin d’être
mauvais ne présente aucune caractéristique qui va l’empêcher
d’aller prendre la poussière sur l’étagère-à-promos sans
jamais retrouver le chemin de mon lecteur. A réserver aux vrais
fans du genre.
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