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Parallel Mind est un
trio de musiciens talentueux basé à Chicago. Leur style à forte
majorité instrumental se rapproche autant du jazz que du rock
progressif et plus spécifiquement du néo rock prog. Le line-up original composé d'un bassiste, d'un
claviériste et d'un batteur-trompettiste renforce tout de même la
particularité jazzy du groupe, un peu comme ces trios japonais qui
se sont fait connaître avec le même format. Il y a d'ailleurs un
rapide renvoi au Japon sur le très varié Casa De Jig. Sur Colossus
ADEA, la guitare, assurée
par Saar Schnitman, n'apparaît qu'en tout et pour tout une seule
fois pour un solo bien senti sur le non moins réussi Chromanic et
bizarrement cet instrument ne manque pas trop à la musique du groupe, bien
rodée et fortement axée sur la basse du virtuose William Kopecky.
Les amateurs de
lignes de basses véloces et galopantes apprécieront sans aucun doute Colossus ADEA car même chez un
groupe tel que Rush la basse est moins audible. Ici, chacune des
notes qu'elle joue est discernable et elle ne rate pas l'occasion
pour proposer des plans inspirés et jouissifs. Mélange détonnant
d'ambiances dark et jeu jazzy, l'ouvreur Chromanic reste là encore le
meilleur exemple d'inspiration à la basse. Aux claviers, Nibrandh Nadkarni,
tout comme Joe Babiak à la batterie, axent davantage leurs jeux sur
l'émotion et ne cherchent pas à noyer l'auditeur sous un déluge
technique. Pourtant au niveau de l'interprétation rien ne laisse
présager d'une quelconque limitation.
En effet,
tout est solidement joué. On retrouve le style de Planet X dans une
veine un peu plus posée et moins démonstrative. C'est vraiment ce
dernier point qui donne de l'intérêt à l'album. Rarement des
compositions instrumentales auront été aussi faciles et agréables
à écouter. Pourtant, malgré ces indéniables qualités, la sauce
a du mal à prendre durant l'ensemble de Colossus ADEA. De la même
façon que Magellan n'arrive plus à sortir de très bons albums,
Parallel Mind a tendance à voir trop large et à piocher ses
influences dans de trop nombreux genres et sous-genres. On pense par moments à Yes
(Into The Depths), à Dream Theater (Chromanic), à Planet X
(Beginning's End), la liste est longue et cela même sans évoquer
les passages au violoncelle, au violon ou aux cuivres, hyper formalisés.
Derrière cette volonté de faire des clins d'oeil aux plus grands,
on peut sans conteste voir un flagrant manque d'inspiration. Bien
entendu, le niveau bien au-dessus de la moyenne du trio fait passer
la pilule plus facilement.
Colossus ADEA est donc un premier album qui ne devrait pas laisser indifférent.
Il a les capacités de réconcilier avec le genre instrumental une
bonne partie des auditeurs qui en ont assez des débauches
techniques tuant la créativité. Ceux qui d'habitude apprécient
les compositions enlevées au rythme des soli de guitare peuvent
tout de suite s'en retourner à leurs albums de Liquid Tension
Experiment ou, mieux encore, à ceux de Derek Sherinian.
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