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On ne sait jamais trop
à quoi s'attendre avec ces diables d'Anglais, si ce n'est qu'on va déprimer
sec. Pourtant Nick Holmes avait lâché pas mal d'indices sur Paradise
Lost avant sa sortie puisque depuis maintenant six mois il l'annonce comme l'album le
plus heavy du groupe de ces dix dernières années et le mythique Draconian Times. Mouais...
S'il n'a pas vraiment tort dans le fond on ne peut pas dire que ce
disque soit une pure décharge sonore prête à exploser le plus
endurci des tympans. Disons qu'ici le groupe a mélangé les guitares
de Draconian Times avec les sonorités pop et les samples des albums
suivants.
Les guitares sont tout de même systématiquement à l'avant du mix
conférant au reste un rôle excessivement atmosphérique.
Donc
la formation anglaise s'est encore renouvelée avec succès, c'en
devient presque inquiétant. La base de cette nouvelle formule
réside dans la capacité du groupe à jouer des riffs et des
mélodies lourdes mais jamais agressives. Il y a là un réel
paradoxe mais Paradise Lost joue intelligemment avec. Enfin
généralement car comme presque chacune de leurs réalisations
Paradise Lost possède son lot de morceaux absolument niais. Il ne
faut pas avoir froid aux yeux pour construire tout un morceau autour
du pauvre thème joué au piano sur Forever After... Pourtant Don't
Belong et Shine prouvent qu'au piano et avec peu de notes, Paradise
Lost peut s'en sortir très bien.
Mais la vraie force de cet album est à trouver du côté des mélodies toutes plus belles les unes que les autres.
Comme voilées par un rideau de nostalgie, les meilleures chansons
vous prennent directement aux tripes. Nick Holmes se fait plus doux
que jamais tout en préservant son timbre autoritaire et viril si
caractéristique. On pense souvent à une version plus maîtrisée
et sérieuse de l'album One Second à ce niveau. Le père Holmes est
toujours parfait dans son registre de chanteur maudit mais lorsque
le rythme se durcit (et la musique faiblit) il est nettement plus à
la peine comme sur le laborieux Close Your Eyes.
Néanmoins, quand
on entend que Paradise Lost est capable d'avoir des moments de
grâce de la force de Grey ou de Red Shift on peut difficilement
émettre un avis défavorable sur son nouvel album. Ce dernier
fusionne en un tout éclectique tout ce que le groupe nous a
proposé depuis 1995. On trouvera ainsi moult touches gothiques (Red
Shift, Shine, Spirit), pop (All This Was dont le riff sonne comme du U2),
atmosphériques (Don't Belong, Over The Madness) ou encore heavy
(Close Your Eyes, Sun Fading, For All You Leave Behind) le tout étant généralement parsemé
d'un metal scandinave moderne à la Katatonia comme sur l'occulte
Sun Fading.
Au final, Paradise Lost fascine et impressionne par son
arbitrage entre expérimentation et retour aux sources. On sent que
le groupe tente avec ce disque de reconquérir les fans qui ont
lâché l'affaire avec la sortie de One Second. Malgré des
défauts, cet album devrait y arriver sans pour autant frustrer les
fans récents. Belle performance.
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