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Pantommind
nous vient de Bulgarie, avec un album légèrement en retard sur son
planning: Shade Of Fate a été enregistré en 2003, mais nous
arrive seulement maintenant. Pour ce premier effort, les musiciens
visent très haut, en proposant un metal progressif technique et mélodique
dans la veine de Dream Theater; lequel a très certainement eu une
influence primodiale. On reconnaît en effet des structures et des
sonorités évoquant Images And Words, ou encore Awake, même si
Pantommind reste moins jusqu'au boutiste dans son approche. Ceci étant
monnaie courante pour les groupes de progressif, tâchons de passer
outre...Ca peut valoir le coup. Les musiciens ont du
niveau, c'est assez clair. Le tempo galopant, les riffs chiadés,
les accompagnements aux claviers jaillissent de toutes parts dès
"Shade Of Fate" et "Follow Me", avec pour ce
dernier des réminiscences plus que prononcées du "Take The
Time" de qui vous savez. Les deux principaux écueils auxquels
on s'attend, quand déboule un tel disque, sont: un - le chant -
est-il à la hauteur? - deux - la production. Soulagement d'un côté:
la voix haut perchée de Tony Ivan est sans faiblesse apparente, très
pro et bien posée. Hélas, déception de l'autre: le jeu de
batterie de Drago, très performant au demeurant, est relativement
salopé par un son crado. Pantommind, malgré son talent, n'échappe
pas aux traditionnels soucis propres aux premiers albums. Même les
plus grands sont passés par là. De jolies harmonies vocales peuvent rappeler
Savatage, comme sur "The Final Line", longue suite extrêmement
bien composée, au final suprenant. Ce titre représente bien ce que
Pantommind sait faire de mieux en matière de technique au service
de la mélodie. C'est parfois l'inverse: ainsi l'indigeste
"Closer To You", qui mise trop sur la complexité.
Toutefois, et c'est appréciable, le groupe n'a aucunement tendance
à s'étaler en longueur. Les parties instrumentales sont
essentielles, comme pour tout bon combo prog, mais ne rallongent pas
les morceaux de sept minutes chiantes comme la pluie. C'est d'autant
mieux que l'une des faiblesses notables de Pantommind réside en la
construction et l'agencement des plans transitoires, censés séparer
les idées-phares de chaque chanson. On passe parfois du coq à l'âne
de façon brutale. C'est peut-être ce genre de petits détails qui
fait la différence entre les grands et les très grands... Le gratteux Pete Christ, principal compositeur,
s'octroie allègrement l'espace nécessaire à l'expressivité de
son instrument, et n'hésite pas à en mettre plein les oreilles
avec des soli rapides comme l'éclair: "Why" et
"Follow Me" par exemple. De courtes plages instrumentales
sont là pour permettre aux autres de s'investir davantage, et c'est
souvent impressionnant ("Spectastral" et son clavier
bourdonnant à la "Caught In A Web"). Bien inspiré, il
livre même en collaboration avec Tony Ivan une bien jolie ballade
"After Rain", assez queensrÿchesque. Histoire de prouver
qu'ils savent y mettre le feeling, quand c'est nécessaire. C'est
donc une plutôt bonne suprise au final, considérant le fait qu'il
s'agit d'un premier album, malgré les réserves émises plus haut;
signalons aussi des textes pas franchement fameux. A l'instar de
Spheric Universe Experience, Pantommind est un groupe à suivre. RETOUR
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