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Une
des têtes pensantes de Pallas, le bassiste Graeme Murray résume
intelligemment le problème en expliquant qu'après The Cross And
The Crucible la formation se devait d'être à la hauteur. Le groupe
lui-même réalise que quatre ans plus tôt il avait écrit un album
magistral qu'il serait difficile de surpasser. C'est pourquoi les
Ecossais ont passé autant de temps à peaufiner leurs compositions,
leurs arrangements, leurs constructions et les moindres détails
musicaux. Après tout, la musique de Pallas a toujours reposé sur
des enchaînements complexes, inattendus et brillamment amenés: ce
genre d'album, pour qu'il soit réussi, ne s'écrit pas du jour au
lendemain. Tout ce travail a payé.
The Dreams Of Men fait
partie de ces albums où on sent que chaque ingrédient a été
minutieusement intégré au reste, que chaque décision a été
prise en connaissance de cause et que chaque trouvaille ne se
retrouve là que pour insuffler une dynamique aux morceaux. Ainsi on
retrouve un nombre incroyable de petites surprises rythmiques qui
donnent un élan positif aux chansons les plus longues et complexes
(Bringer Of Dreams, Warriors, Invincible...). On ne s'ennuie donc
jamais en écoutant ce disque. De plus, à l'instar de la très
paisible Ghostdancers, de nombreuses influences folk viennent
enrichir la musique de Pallas. Ajoutez à cela une durée de plus
d'une heure dix et vous obtenez un tout très dense dans lequel on
ne rentre que par étapes.
L'absence de morceaux catchy en
dehors du très moyen Messiah est donc quelque peu préjudiciable
bien que certains mouvements des pièces épiques demeurent assez
chantants. Néanmoins l'aspect majoritaire est tout de même la
grandiloquence qui, si elle généralement fort bien canalisée,
n'est pas à l'abri de quelques écarts comme sur Too Close To The
Sun et ses sons de claviers risibles ou le passage "comédie
musicale" de Messsiah qui décrédibilise Alan Reed au
chant. Celui-ci est d'ailleurs la plus grosse déception de l'album.
Moins incisif que d'habitude, il est très en retrait dans le mix et
manque clairement de punch même si ça n'a jamais été son point
fort.
Mais là où Pallas ne rate pas le coche c'est en ce qui concerne
les passages instrumentaux. Aussi excellent dans les atmosphères
planantes (l'intro de Bringer Of Dreams, Northern Star...) que dans
celles plus plombées (le reste de Bringer Of Dreams, Invicible...),
le quintette ne lésine pas sur les moyens employés en particulier
sur les claviers qui rappellent les origines néo-prog du combo.
Alors, bien entendu, avec des chansons qui ont autant mûri avant
d'être gravées, la magie et la spontanéité ne sont pas très
présentes au cours de The Dreams Of Men. Mais son écoute reste
intéressante pour ces nombreux rebondissement qui perpétuent la
tradition d'un groupe s'inspirant autant du néo-prog des années 80
que du progressif classique des années 70.
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