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On
aurait bien tort à l'écoute de ce nouvel album de Oomph! de
hurler avec les loups "bâââ, ils ne font rien que pomper
Rammstein!". Déjà parce que la musique présente sur
GlaubeLiebeTod dépasse la sphère du célèbre groupe cité, et
surtout parce que si pompe il y a eu, c'est dans l'autre sens. Et
oui, Oomph! était là en premier, et a développé en premier ce
"tanz-metal" constitué de gros riffs martiaux et d'éléments
indus bien avant que Rammstein ne pointe son nez. Fêtant cette
année ses quatorze ans de carrière discographique, le groupe en
profite pour nous sortir cet album qui marque un net virage pop
tout en conservant les caractéristiques fondatrices du combo.Un album d'Oomph! c'est une production
monstrueuse, et le métal-indus-electro teinté de goth des
Allemands a donc toute latitude pour s'exprimer, la modernité des
nouvelles compos exploitant cet aspect à fond. Le single Gott Ist
Ein Popstar, véritable tube, alterne ainsi un son totalement écrasant
lors des refrains à guitares et des couplets
"dancefloors" dans lesquels la production des effets et
samples est exemplaire. Le côté fortement pop de ce titre
surprend tout de même, et à l'écoute du reste de l'album il
semble désormais évident qu'Oomph! vise les charts et les
passages radio. Est-ce un mal? Pas forcément quand on s'y prend
bien, et une compo comme Träust Du (qui rappelle par moments
Paradise Lost période Host dans l'esprit) déchire tout grâce à
un refrain monstrueux qui voit Dero briller au chant sur un riff
catchy au possible. Trois minutes vingt-deux au compteur, c'est ce
qu'on appelle un single en puissance diablement réussi. Dans ce
genre ultra-accrocheur on trouve vraiment son bonheur: la première
moitié de l'album est gavée de hits tous assez réussis et plutôt
variés. En fait, le premier déferlement de violence
n'arrive qu'en plage six, avec Eine Frau Spricht Im Schlaf et ses
riffs brutaux, mais là encore on sent cette pointe commerciale
dont le groupe semble ne plus pouvoir se départir. Les couplets
indus sont irrésistibles et les velléités de hurlement de l'ami
Dero ont été savamment mise à l'arrière lors du mix. L'album
semble en tout cas s'éloigner de cet aspect pop omniprésent avec
Mein Schatz, titre expérimental très posé qui lie effets numériques
et piano assez joliment... mais en fait non. La seconde moitié de
GlaubeLiebeTod développe en effet une autre approche de la
chanson facile d'accès que le début de l'album, tout en offrant
à l'auditeur des chansons tout aussi catchy. Et qui développent
presque toutes une influence en commun: Marylin Manson. La
tentative expérimentale Man With The Harmonica sonne
incroyablement comme les titres de l'ère Antichrist Superstar, et
ce n'est malheureusement pas le seul exemple, le rythme sautillant
de Mein Schatz en tête. Ce nouvel album d'Oomph! laisse donc une
impression mitigée: le début enthousiasme car les hits ne font
pas semblant d'être des hits, mais tout ça reste un peu
superficiel et formaté bien que léché. Et dès que le groupe
quitte cette approche pour se lancer dans d'autres sonorités,
l'ombre de Manson se fait omniprésente. Il suffit d'écouter le début
de Land In Sight qui utilise exactement le même rythme et les mêmes
sonorités que la célèbre reprise de Tainted Love présente sur
The Golden Age Of Grotesque pour réaliser l'ampleur du phénomène.
Avec son enfilade de titres radio-friendly de haute volée cet
opus d'Oomph! risque de faire un carton gigantesque en Allemagne,
mais il garde de fait un statut d'album mineur car le côté
artistique a pris un coup dans l'aile au passage. En tout cas il
reste très agréable à écouter et plaira probablement au plus
grand nombre.
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