Comment
est venue cette idée de jouer l'intégralité de "Dark Side
Of The Moon" en concert?
Nick
Mason (batterie) : Quand nous avons sorti l'album en 1973,
nous l'avons joué ainsi, au Rainbow Theater de Londres notamment.
Nous avons également joué des versions réarrangées de l'album
lors des tournées que j'ai faites avec David (Gilmour) en
1992 et 1993, mais, pour le concert qui vient, il s'agira d'une
version intentionnellement très fidèle à l'album.
Peux-tu
nous expliquer à quand remonte ta passion pour les voitures?
Nick
Mason : Du culte que leur vouait mon père. Il faisait des
films sur les voitures et courait lui-même, cela a fait partie de
mon enfance. En fait, les modèles qui sont aujourd'hui vu comme
des collections sont tout simplement ceux que je voyais courir étant
enfant. Ma collection a commencé dès que les royalties ont
commencé à arriver! J'en possède trente-cinq aujourd'hui, mais
pas uniquement des voitures de sport. J'écris d'ailleurs dans une
revue spécialisée, "Octane", et j'ai publié un livre
sur ma passion des voitures, "Into The Red". J'ai fait
une pause durant la rédaction de mon livre sur l'histoire de Pink
Floyd qui me prenait énormément de temps. Le livre inclut un CD
de bruits de moteurs qui est parfait pour faire fuir les gens en
fin de soirée (rires).
En
parlant de ce livre sur Pink Floyd, comment as-tu géré le problème
des différents points de vue?
Nick
Mason : Je n'ai pas essayé, il ne s'agit que du mien. Il
est strictement impossible de mettre quatre personnes d'accord sur
une histoire aussi longue et aussi mouvementée. Par contre les
trois autres ont en commun de ne pas aimer la version que je
donne, donc je pense que mon travail doit être correct (rires).
Y
a-t-il pour toi une complémentarité entre tes deux passions,
musique et voitures?
Nick
Mason : Oui, évidemment, même si la musique est moins
dangereuse (rires). Je pense que le point commun est que
quand on met le contact comme quand on commence à écrire un
morceau on ne sait jamais où on va finir, et c'est sûrement un
des aspects qui me fascinent. En tout cas ce concert est le
mariage parfait pour moi : en général quand j'ai un concert le
jour d'un Grand Prix de F1 je ne peux pas le voir, donc là je ne
pouvais pas rêver d'un meilleur arrangement!
Comment
partages-tu ton temps entre tes différentes passions? Tu as sorti
des albums solo durant les années quatre-vingt…
Nick
Mason : En fait, je ne suis pas très intéressé par une
carrière solo : un batteur ne donne le meilleur de lui-même
qu'au sein d'un groupe, je pense, plutôt que dans des soli de
batterie interminables! Je suis dans une situation assez étrange
dans le sens où je joue le même répertoire (celui de Pink
Floyd) dans trois formations différentes : je viens de finir les
répétitions avec Roger Waters pour le concert de Magny-Cours.
Cette reprise de Dark Side Of The Moon sera également jouée à
Londres, New York et Los Angeles. Je joue aussi régulièrement
avec David Gilmour et il m'arrive en plus que Roger me contacte
pour des bals de charité… Je suis donc assez occupé.
Quelles
ont été tes impressions lors de ton concert au Live 8 l'été
dernier?
Nick
Mason : C'était fantastique. C'était un évènement énorme.
Le plaisir de rejouer ensemble était une chose, mais le fait de
jouer pour une telle cause, une bonne cause, a décuplé ce
plaisir. La cause a transcendé les désaccords de David et Roger,
les a menés à mettre leurs différences de côté. La
communication est revenue après des années de blocage total, et
même si nous n'en sommes pas au point de repartir en tournée
tous ensemble cet état de fait est arrivé grâce au Live 8.
Y
a-t-il une chance que tu joues avec Roger ET David? Qu'est-ce qui
empêche Pink Floyd d'être à nouveau un groupe?
Nick
Mason : Pour les concerts à venir je ne pense pas, mais
David a invité Roger à jouer avec lui pour son concert à
l'Albert Hall de Londres mais Roger n'a pas pu y aller car il préparait
les concerts de cet été. Je sais qu'il y serait allé s'il avait
pu. Pour la question du statut de Pink Floyd aujourd'hui,
l'obstacle est David. Je pense qu'il en est au point où était
Roger il y a vingt ans, avec un besoin de faire sa propre musique
hors d'un groupe. Ce n'est pas une question de personnalités ou
d'entente, c'est plus une question de qui veut faire quoi. Et
David avait réellement besoin de faire ce projet solo (comprendre
l'album "On An Island"), donc il faudra voir une
fois qu'il aura fini ça. Tout reste possible.
Tu
ne sembles pas rejeter la possibilité d'une réunion donc…
Nick
Mason : Ma position est assez différente de celle du reste
du groupe, car travailler avec les uns ou les autres ne me pose
aucun problème personnellement. Se remettre à jouer tous
ensemble demanderait un processus assez difficile par rapport au
matériel que nous jouerions, et qui aurait le droit d'être le
capitaine du navire.
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