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Line-Up :

Neal Morse (chant+claviers+guitare...)

+ beaucoup de guests

 

 

 

 

 

Neal Morse - Testimony (2003)

 

Chansons Qui Tuent :

Part Two

Part Four

Part Five

 

   

 

    

 

 

Rapidement après son départ de Spock's Beard et de Transatlantic, Neal Morse revient avec un double album concept, Testimony, de plus de deux heures! Ces précédents albums nous avaient habitué à de la soupe populaire mais ici on a droit à du progressif pur jus et d'une qualité incroyable. Bien qu'à l'instar de Snow (son dernier album signé avec Spock's Beard) Testimony possède une minime dose de déchets, l'ensemble remarquablement écrit, construit et interprété a de quoi mettre à genoux plus d'un amateur de progressif!! De plus la présentation de l'object est sans faille: un livret riche et sublimement illustré dans un digipack Inside Out. Tout est dit! Pour parvenir à faire ressortir toute l'intentisté musicale de Testimony, seule une chronique en titre par titre et en ordre chronologique est possible! 

Divisée en cinq parties, la galette commence tabours battants, avec l'intro de la Part One (40 Minutes pour l'ensemble) qui est totalement dans la lignée de ce que pouvait proposer Spock's Beard. L'inspiration de Neal Morse, qui a récemment eu la révélation du Christ, est totale comme le prouve le majestueux doublon The Land Of The Beginning Again/Overture No. 1. La batterie de Mike Portnoy est moins démonstrative que d'habitude, un peu comme dans OSI, et cela n'en rend que plus intéressante les nombreux arrangements. Le morceau California Nights n'aurait pas dépareillé sur Snow, swinguant et pop à souhait il sert de parfait catalyseur à une épopée annoncée. Refusant la stagnation, ce morceau est une mini pièce progressive en elle même qui part dans beaucoup de directions sans jamais perdre en qualité. Son final orchestré est magnifiquement émouvant jusqu'à ce que déboulent les joyeuses sonorités de Colder In The Sun. 

Les parties chantées sont ici moins soignées mais le riff de départ, maintes fois repris sous diverses formes, est carrément génial et la qualité de compostion est toujours aussi élevée (le final symphonique...). Les quatre rescapés de Spock's Beard doivent faire grise mine en voyant à quel point cet album est génial (la comparaison à Feel Euphoria n'a même pas lieu d'être) surtout que tous les ingrédients du succès passé du groupe sont ici repris avec brio, même les canons dans Colder In the Sun. Sleeping Jesus est un des déchets inévitables dans plus de deux heures de musique: chanson pop sans interêt, son seul point positif est de faire baisser le rythme effréné dicté jusque là. 

On repart donc de plus belle avec Interlude qui laisse s'exprimer pleinement le violon. The Prince Of Power Of The Air est assez expérimental tout en gradant cette touche propre à Neal Morse dans la rythmique et dans le chant aérien renforcé à grands coups de backing vocals. The Promise est l'instant catchy de la Part One et là aussi on ne peut que s'incliner devant une telle inspiration. La bonne humeur de la musique est incroyable puissante et on sent entièrement la transformation spirituelle de Neal Morse. Jamais n'avait il écrit de si bonnes chansons. Wasted Life (où Neal se rend compte que sa vie a été gâchée jusqu'à présent) achève la Part One de fort belle manière dans une sobriété bien moins stérile que durant Sleeping Jesus.

La Part Two commence en trombe orchestrale avec Ouverture No. 2. Aussi jouissive que la première, elle vient confirmer que ce disque n'est pas avare en lyrisme et en riches rebondissements sonores. Break Of Day s'emballe sur un riff génial déjà présent dans l'Ouverture No. 2. On a droit à une petite ambiance kansassienne vers la fin du morceau. On pense encore fortement à Snow et à ses aventures fabuleuses. Toutefois l'ensemble est nettement plus léger et agréable. Ceci est dû au fait que Neal Morse en jouant presque de tous les instruments ne cherche jamais à faire passer la technique propre à un musicien devant le propos d'une chanson. Il mise tout sur le songwritting et il raffle le triple de sa mise! Power In The Air est plus heavy mais les lignes de chant si flottantes et inspirées sont encore présentes. 

Somber Days fait rentrer la Part Two dans un mouvement plus aérien et triste superbement contrôlé par un Neal Morse en état de grâce. Le violon est employé de manière plus originale que dans la plupart des groupes qui en (ab)usent: ici on propose des schémas originaux et jamais bêtement larmoyants. De plus la mélodie du clavier est exemplaire et vient encore s'ajouter à la liste de qualité de ce disque qui les collectionne. Long Story dérive des thèmes des titres précédents et est peut être de trop dans cette Part Two car il choisit pour une fois la facilité et les enchaînements sont soit prévisibles soit ratés. Seule la partie finale assez dreamtheaterienne sort la tête de l'eau. Néanmoins Long Story aurait dû passer à la poubelle pour faire se suivre Somber Days et la poignante It's All I Can Do qui clôt le disque N°1 de la plus belle des façons.

Part Three s'ouvre avec Transformation qui a tout l'air d'une nouvelle Ouverture. Avec une intro moins efficace que les deux précédentes, Part Three repose essentiellement sur le génie de la pop song Sing It High. Mais avant ce morceau il y a Ready To Try qui n'apporte pas grand chose à la musique estampillée Neal Morse. On dirait du Transatlantic. Il y a pire comme comparaison... Sing It High, donc, est le single en puissance de ce disque comme pouvait l'être Carrie sur Snow; à ceci près qu'ici le single est de haut standing! Je le définirai comme un chant gospel blanc ("sing it high, sing it low, singing everywhere you go, Jesus will deliver you from suffering, he's the way, he's the goal, he's the song in your soul, listen with your spirit and you'll hear it ring"). Le disque N°2 est celui du changement chez Neal Morse, illuminé par le divin, il prie avec son rock prog'! Et Dieu (!!!) sait si c'est bon. Quel plaisir de voir que cet homme a enfin trouvé le Chemin pour nous proposer de si bonnes chansons.

Part Four commence par Moving In My Heart quelque peu redondant par rapport aux albums passés. Pourtant toujours porté par ses textes personnels (parfois un peu niais, mais toujours entiers et sincères), Neal Morse rend ce titre palpitant. I Am Willing est un nouveau passage calme, excellent dans le domaine émotif. Certes on peut reprocher à l'artiste de toujours jouer avec les mêmes sentiments mais il le fait si bien et de façon si unique qu'on aurait tort de se priver. Sa musique est du classic Yes actuel ni plus ni moins. Quel solo final tout en finesse et en progression magistrale... bluffant. In The Middle s'ouvre sur du piano qui n'est pas du meilleur effet mais la partie chantée suivante rattrape ce léger faux pas. 

The Storm Before The Calm commence comme une gigantesque jam session heavy/prog du plus bel effet; une version light de Liquid Tension Experiment. Neal Morse excelle dans tous les registres. Les cuivres, qui ont des apparitions remarquées jusqu'ici, font une transition vers une partie plus swinguante comme dans The Promise pour terminer sur du heavy de chez LTE! Dans tout cet apparant capharnaum, tout s'enchaîne à merveille: il faut l'entendre pour le croire. Le calme annoncé arrive avec Oh, To Feel Him. Ici on pense à une Christmas Carol. Comment arriver à rendre un morceau de ce type aussi intéressant sinon en étant mu par une force extérieure? Et c'est ainsi que se termine l'avant dernière partie de cette double galette sur un God's Theme salvateur.

Une courte Ouverture (la No. 3) introduit Rejoice qui est la première étape de la conclusion libératoire de Testimony. Ici le gospel se matiérialise pleinement dans les backing vocals. Musicalement, le rythme est aussi entraînant que dans Wind At My Back sur Snow. Oh Lord My God est le deuxième morceau pop de l'album. Moins bon que Sing It High, il n'en demeure pas moins joyeux et bien interprété. Seulement après le grandiloquent Rejoice il était difficile de faire un morceau pop à la hauteur. Le disque s'achève en roue libre en reprenant intelligemment des thèmes passés sur God's Theme 2 et The Land Of The Beginning Again.

Lire cette chronique aura donc été presque aussi épique que d'écouter le disque! Long comme un blockbuster Américain, Testimony possède au moins un point en commun avec ce genre de film: il est "bigger than life"; et en termes musicaux ce n'est pas une insulte. Testimony est déjà un classique du prog' et dont les seuls défauts sont les quelques parallèles que l'on peut faire avec Snow.

 

19/20

 

-the lord

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