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Neal Morse le plus connu des proggeux croyants continue à nous approvisionner en rock année après année. Remettant le couvert avec sa bande formée de Randy George et Mike Portnoy, Neal a récemment un One (cliquez pour lire la chronique) qui déçoit quelque peu après le monumental album-double, Testimony. Nous avons tout de même eu envie de vérifier que Neal Morse n'avait pas perdu la foi...
-the lord : Pour One, on peut dire que tu ne t'es pas vraiment foulé: seulement un seul disque et quatre-vingt minutes de musique (rires)! Pourquoi n'avoir pas fait un double album, format qui semblait te convenir à merveille?
Neal Morse (chant+claviers+guitare) : Je ne pouvais pas faire à nouveau un double! Cela aurait été mon troisième à la suite après Snow et Testimony. Remarque, quand j'écrivais One je faisais très attention car les chansons avaient tendance à devenir très longues. J'ai essayé de condenser un maximum; par rapport aux démos j'ai supprimé pas mal de passages mais j'ai aussi rajouté d'autres idées (rires). La chanson King Jesus qui figure sur le disque bonus de l'édition spéciale devait à l'origine figurer sur One. Tu sais, lorsque j'écris mes albums je ne fais que suivre mon coeur et ce que Dieu veut. Toutefois, j'ai personnellement eu l'impression qu'il fallait que l'album tienne sur un seul disque cette fois-ci.
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-the lord : De toute façon One est un double album des années 70 si on veut (rires)!
Neal Morse : Oui, c'est certain! Peut-être même que c'est un triple!
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-the lord : Peux-tu nous toucher un mot de la pochette car elle me semble assez spéciale: on dirait Frodon du Seigneur Des Anneaux perdu entre le monde d'ajourd'hui et le passé...
Neal Morse : (rires) Oui, on m'a déjà fait la remarque à propos de Frodon. Je ne suis pas vraiment entré dans le monde du Seigneur Des Anneaux donc il s'agit sûrement d'une coïncidence. On doit plutôt y voir le retour du fils de Dieu vers une cité sur la colline. En effet, l'album traîte de son histoire et comment elle s'applique à toute l'humanité.
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-the lord : S'agit-il de ton interprétation des textes sacrés?
Neal Morse : Disons que je prends ce que je juge être les passages les plus emblématiques de la Bible pour les décrire avec ma propre vision et mes mots. Oui, on peut dire qu'il s'agit de mon interprétation mais cela s'apparente plus à ce qu'un prêtre pourrait dire dans une église où il prêchera sur ce qu'il juge le plus important. Je pourrais parler pendant des heures sur les textes de One (rires). Ca commence avec The Creation où Dieu crée l'homme et la femme. Ils sont ensemble dans un jardin et la chanson parle de leur relation permanente avec Dieu. Il règne un sentiment d'harmonie totale. Un jour, ils se rebellent et décident de partir. L'homme décide de se construire lui-même; il se prend pour Dieu et s'imagine capable de créer son propre monde, sa propre réalité, son propre bonheur.
Mais finalement, il se rend compte de la vacuité de cette tentative et se tourne vers la drogue pour atténuer la douleur lié au souvenir de son union avec Dieu. Son état empire jusqu'à ce que ses sentiments explosent. Dans la chanson Cradle To The Grave -qui est d'ailleurs une des préférées de mon fils, nous l'avons même chanté ensemble sur une croisière pour tuer l'ambiance (rires)- l'homme cherche Dieu en vain. Tout ceci nous mène au morceau Help Me où Dieu entend les supplications des hommes et envoit son fils Jesus pour établir à nouveau l'harmonie entre eux. Comme le dit la Bible, Jesus est un "médiateur" dans cette relation. Et enfin, tout le monde est content et il y a une énorme fête!
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-the lord : Conceptuellement tes deux derniers albums sont pour le moins intéressants et originaux. Sais-tu déjà ce que tu nous réserves sur les prochaines réalisations pour continuer à nous surprendre?
Neal Morse : Pas vraiment. Tout ce que je peux dire est que je bosse régulièrement sur ce que j'appelle mon album de "chansons normales". C'est un travail que j'ai entamé il y a déjà de cela trois ans. Je n'ai pas senti qu'il était encore temps de le sortir mais je travaille dessus activement. J'ai d'autres idées pour un autre gros projet également. Je ne sais pas encore si ce dernier se fera avec un groupe ou en solo car la graine vient à peine d'être plantée et il n'y a encore rien qui soit sorti de terre. Ce qui est certain est que quelque chose commence à germer à ce niveau (rires).
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-the lord : Musicalement, je trouve que One pourrait être décrit comme un mélange de Transatlantic, de Testimony mais avec un son plus heavy. Es-tu d'accord?
Neal Morse : (il marque une pause) C'est un peu la façon dont j'ai l'habitude de décrire cet album quand les gens me demandent! Ca ressemble à Testimony car j'ai écrit moi-même les deux albums et je pense avoir mon style. Ca ressemble aussi un peu plus à Transatlantic car il y a davantage d'influences apportées par Mike Portnoy que sur Testimony. Randy George, qui est un gros fan des albums de Transatlantic, a également été nettement plus présent, faisant de cet album une véritable collaboration. Quant au côté plus heavy de la musique, je ne sais pas comment c'est arrivé! L'ingénieur du son m'encourageait tout le temps à obtenir de meilleurs sons de guitare puis, complètement par hasard, nous avons rencontré un type qui était fan de Spock's Beard et qui m'a prêté son super matériel pour guitare! Dieu n'était sûrement pas très loin de tout cela. Toujours est-il qu'ainsi le son des guitares est apparu plus heavy que sur Testimony.
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-the lord : Oui, certains passages instrumentaux ressemblent carrément à du Dream Theater!
Neal Morse : Tout à fait, j'en fus le premier surpris. Ce n'était pas mon intention à la base quand j'en étais au stade l'écriture mais ça s'est imposé et je crois qu'il y a une raison à cela qui nous dépasse.
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-the lord : Tu parles d'une véritable collaboration entre Randy George, Mike Portnoy et toi-même. Comment cela s'exprime-t-il concrètement?
Neal Morse : Je ne sais pas trop; chaque album est une nouvelle aventure et une nouvelle expérience. Je ne sais pas si nous continuerons à bosser ensemble, c'est ce qui rend notre vie si incroyable. Pour chaque album que je fais, je prie le Seigneur pour qu'il m'aide et que le disque soit aussi fidèle que possible à Sa volonté. Il peut me dire également de ne pas faire un album (rires).
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-the lord : Quel est ton but en tant qu'artiste et dans quelle mesure est-ce que One t'a rapproché de cet objectif?
Neal Morse : Mon but en tant qu'artiste est de refléter la gloire de Dieu du mieux que je peux. Je ne suis que son serviteur. Je crois que pour One, toutes les personnes impliquées ont fait tout leur possible pour rendre l'album juste. Je suis très heureux de cela car ainsi je peux écouter One et ne pas avoir de remords. C'est mon but: tout ce que Dieu me donne, je me dois de l'utiliser du mieux que je peux car je sens que c'est ce qu'il ferait à ma place, avec patience et amour.
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-the lord : Lors de notre dernière interview tu me disais avoir pleuré sur scène lors des premiers concerts donnés pour la promotion de Testimony. Est-ce que de telles émotions sont réapparues lors des quelques dates européennes que tu as donné par la suite?
Neal Morse : Oh oui, tout le temps! Je n'arrêtais pas de pleurer (rires)! Je me rappelle d'un concert où nous étions tous en train de prier dans les loges et je me sentais en présence de l'esprit de Dieu. J'ai perdu des litres en larmes quand Jesus s'emparait de mes sentiments. Je crois que durant mon dernier concert dans le Michigan, j'ai pleuré non stop pendant la dernière demi-heure (rires). Je me marre mais ce n'est pas forcément drôle; je me mets juste à la place du public qui ne devait pas en revenir de voir un mec pleurer en jouant ses chansons (rires). D'habitude je joue les morceaux de Testimony en premier et seulement ensuite les trucs de Spock's Beard ainsi que de Transatlantic sauf que pour ce concert-là j'ai fini avec les chansons de Testimony. Lorsque je suis arrivé à ce stade, j'ai été frappé par le Saint-Esprit et je n'ai pas pu me retenir.
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-the lord : J'ai l'impression que lorsque l'on regarde l'ensemble de ta carrière, Transatlantic marque une rupture dans la manière que tu as de composer. Es-tu d'accord?
Neal Morse : C'est vrai que cette expérience m'a quelque peu changé! Ce changement se situe principalement dans ma manière de collaborer avec d'autres musiciens. On peut dire que cela m'a ouvert aux autres et maintenant je n'ai plus peur de faire confiance à des personnes extérieures. Depuis Transatlantic, je me laisse également plus aller dans de longs soli ou de longs passages instrumentaux. Si l'on écoute les premiers albums de Spock's Beard, j'ai l'impression que la musique a la bougeotte comme si le groupe ne voulait pas s'attarder dans un schéma donné pendant trop de temps. J'avais peur que les gens s'ennuient. Transatlantic a élargi ma vision de la musique.
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(interview réalisée le
9 décembre 2004 par -the lord )