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NASTROND
Toteslaut (1995)
LINE UP :
Karl NE (chant+instruments)
Arganas (batterie)
Nastrond - Toteslaut
CHANSONS QUI TUENT :
May The Rotten Bones...
A Black Hearse Clad...
Gravestench
CHRONIQUEUR :
Count D
(Mai 2006)
NOTE :
13 / 20

Nastrond est un groupe noir. Du black metal d’antan et qui plus est de Norvège, comme on en faisait du bon. Sorti en 1995, cet album est passé assez inaperçu, tout comme le groupe, d‘ailleurs, qui sort deux ans après « Age Of Fire ». Tenu par ses deux membres Karl NE et Arganas, Nastrond sonne sale, sombre et malsain. Avec une prod dégueulasse, le son de Nastrond n’a rien pour plaire au premier abord. Les guitares sont accordées bas, elles sont grésillantes, en retrait. Seule la caisse claire de la batterie sort la tête de ce brouillon sonore. Malgré cela, c’est avec assez peu d’impatience que s’écoute « Toteslaut ». Les compositions sortent des abysses, aussi crues et touchantes qu’un vieux cadavre. Leur force, c’est la froideur. Partagé entre mid tempo et rapidité malsaine, les passages assez lourds et dégoulinants se succèdent avec assez d’efficacité. Les riffs, s’ils sont parfois indiscernables, savent mettre une réelle atmosphère dérangeante grâce à l’appui de quelques notes de clavier, sans trop de cliché.

Parmi les meilleurs titres figurent May The Rotten Bones Absorb Life Again, pur moment de haine et de recueillement. Les refrains vocaux sont efficaces et vont bien avec l’alternance des passages de guitares mélodiques et dissonants. Nos oreilles sont emportées par ce chant agressif et en avant, aux ‘r’ roulants. C’est un chant très expressif, qui prend encore de l’ampleur avec le titre A Black Hearse Clad In Human Bones And Skulls (oui les titres sont sympas). Avec quelques violoncelles sur un black metal très rapide, Nastrond fait penser à ses congénères de la scène grecque, tout en gardant ce feeling scandinave qui ne trompe pas.

Assez pour faire true black, Nastrond ne se prive néanmoins pas de quelques extras exotiques, comme le titre ambiant Jai Ma Kali, savant mélange de cordes indiennes, de synthé lourd et de narrations apocalyptique. Un bel intermède. Non loin des premiers Venom sur le titre Gravestench, Nastrond sait partir dans des riffs thrashy de première époque. C’est une composition glacée, tendance nécrophage niveau paroles. Bref, « Toteslaut » est très loin des grosses productions, loin de la convenance musicale. C’est du true sale, sans pour autant être inaudible. Et si tout n’est pas toujours excellent, cela vaut le coup d’oreille. Le concept est entre le gore, les ossements, les cérémonies occultes et le vampirisme. Ce n’est pas pour rien que l’on peut voir inscrit sur le t-shirt du groupe : « The vampyric music of pestilence ».

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