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MOTLEY CRUE
Août 2006
  
JOURNALISTE :
Che-Ro-Kee
  
INTERVIEW AVEC :
Vince Neil
Chanteur
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Pour nous parler de leur nouvel album live, Carnival Of Sins le Crüe a dépêché son chanteur, Vince Neil qui s’est exécuté sans enthousiasme, semblant fatigué à l’avance par chaque question. Forcément, on le croyait tranquillement chez lui à Vegas, décontracté du gland entre deux strip-teaseuses et une caméra. Raté, il appelle depuis un téléphone quasi inaudible, au milieu de nulle part, c’est-à-dire dans l’Oklahoma, le genre de coin qui ne produit que deux choses, « bovidés et pédés », comme le veut la célèbre « blague » des instructeurs des marines pour tester leurs recrues. Revoyez Officier & Gentleman ou Full Metal Jacket pour preuve ! Mais bon il se trouve que c’est là dans l’Oklahoma donc que le groupe s’apprête à jouer. Ca doit lui porter sur le moral au Vinçounet d’être si loin du strip et des paillettes. Voici donc une interview de type laconique où le journaliste parle plus que l’artiste ce qui n’est jamais bon signe... et un peu pénible pour le lecteur qui voudrait en savoir plus. Mais voilà, Vince n’avait pas l’air bien motivé, voire pas forcément les yeux en face des trous (questions répétées trois fois, longs silences…) Alors, vu la performance un peu préfabriquée du groupe à Londres l’an passé, sans oublier les nombreux ennuis de santé de musiciens qui n’ont jamais lésiné sur les abus, on a donc entamé la discute par quelques questions infirmerie…

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Che-Ro-Kee : Comment va le groupe. Car entre Mick Mars qui avait du mal à bouger sur scène quand je vous ai vu à Londres et toi qui vient de te froisser un muscle au mollet, on s’inquiète un peu ?

Vince Neil (chant) : Ca se passe bien mieux maintenant, ça fait déjà plusieurs semaines que je me suis froissé ce muscle. J’y suis allé cool avec mon bras et ma jambe, mais c’est remis à 100% maintenant. Quant à Mick, et bien depuis quatorze mois qu’on tourne, ça à l’air de lui réussir, puisqu’il est en bien meilleure forme qu’au début de la tournée. Il est requinqué et à l’air plus frais qu’il ne l’a jamais été. (ndlr : quand on a vu Mick sur scène, on a envie de dire quel farceur ce Vince, mais continuons!)

Che-Ro-Kee : Et est-ce que vous aviez fait appel à un coach ou un préparateur physique pour vous remettre dans le bain après tant d’années éloignés du contexte d’une tournée mondiale ?

Vince Neil : Oh, ça c’est une question à poser aux autres, personnellement même sans Motley Crüe je n’ai jamais cessé de tourner donc j’étais fin prêt. Quant aux autres, chaque cas est différent, il faudrait leur demander, mais à mes yeux, tout le monde est en forme.

Che-Ro-Kee : Oui, mais je sais aussi que tu as participé à un reality show afin de perdre du poids et que même ensuite, ce n’est pas super évident de courir sur scène deux heures durant.

Vince Neil : (légèrement irrité) Mais cette émission remonte à trois ans maintenant ! Non, je t’assure, tout va bien. Et on n’arrête pas de rajouter des dates sur notre tournée US qui va finir par être l’une des plus longues qu’on ait faites. Quant à Mick, il va bien vraiment ! Et on ne serait pas là en train de tourner s’il était au 36e dessous. Je ne vois pas trop le sens de ces questions.

Che-Ro-Kee : Bon, comment se fait-il que vous soyez encore sur les routes, je pensais que la tournée était close, vu que vous en sortez un CD et un DVD ?

Vince Neil : On continue tant qu’il y a de la demande en fait. Même après la sortie du CD live enregistré sur le début de la tournée. Là, on en profite pour faire des villes de taille intermédiaire. Loin des principales métropoles où on passe d’habitude. On fait plus les villes universitaires, les patelins, tout ça. C’est bien aussi de se déplacer là où sont les fans plutôt que de les forcer à bouger.

Che-Ro-Kee : Mais vu votre réputation, vous auriez pu vous contenter de jouer disons dans les quarante plus grosses villes américaines et de dire, « que ceux qui nous aiment viennent à nous ».

Vince Neil : Oui, mais nous ne nous occupons pas de définir l’itinéraire des tournées. On bosse avec des promoteurs en liaison avec nos agents et ces promoteurs leur disent « écoutez, la demande est énorme, les gens veulent absolument voir Motley ! », alors on y va.

Che-Ro-Kee : Et la France ? c’est délibérément que vous n’êtes pas venus jouer ?

Vince Neil : Comme je viens de dire, ce sont nos tourneurs qui nous proposent telle ou telle date et apparemment en France, ce n’est pas évident de monter une date avec nous. Nous sommes venus en Europe deux fois ces dernières années et jamais en France c’est vrai. Mais nous devons revenir bientôt.

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Che-Ro-Kee : Puisque vous êtes encore sur la route, ça repousse d’autant votre entrée en studio pour un nouvel album avec le line-up original que tout le monde attend de pied ferme !

Vince Neil : Ce qui est prévu c’est que nous nous mettions sur les compos que nous avons déjà commencées à ébaucher cet été, disons en juillet je pense. Ensuite, une fois que le travail d’écriture sera au point, nous irons enregistrer, très certainement début 2007. Et le disque sortira pour fin 2007.

Che-Ro-Kee : Ce qui implique une autre tournée ensuite et par la même le fait que votre tournée de reformation n’était pas juste un one-shot pour l’argent comme tant de gens l’ont écrit ?

Vince Neil : (énervé) Tous ces gens sont stupides, nous n’avons jamais dit que notre retour serait un one shot. Il a toujours été clair pour nous qu’il y aurait une suite à l’histoire et un nouvel album. Ceux qui doutaient de notre envie de durer vont se rendre compte qu’ils se fourraient le doigt dans l’œil.

Che-Ro-Kee : Parlons un peu de toi. Je sais que tu es un grand connaisseur de vins, et je crois que tu possèdes ton propre vignoble ?

Vince Neil : Oui, j’ai 70 hectares de vignes en Californie du Sud, à Sonoma. C’est un vrai plaisir pour moi qui adore le vin. Je m’implique de près dans l’entretien de mes vignes mais j’ai aussi des gens qui bossent pour moi sur le domaine. On a des Cabernets, des Chardonnay. Et le cru 2005 a été bon. On exporte même une part de notre production dans tout le pays et jusqu’au Canada. Pour l’Europe, c’est encore à l’étude.

Che-Ro-Kee : T’impliques-tu beaucoup dans l’affaire, vérifies-tu aussi les comptes du vignoble ?

Vince Neil : Oh, j’y suis assez souvent et je suis pas mal impliqué oui. Déjà, je goûte chaque crû, je m’intéresse aux mélanges, à la phase de maturation du vin, jusqu’au moment où le breuvage me va et alors je dis « OK, c’est parfait, on ne touche plus à rien ! »

Che-Ro-Kee : Comment se passe l’adaptation ciné de « The Dirt », votre autobiographie collective à succès et à scandale. Etes vous partie-prenante dans l’écriture du film ?

Vince Neil : Non, nous en sommes juste les producteurs exécutifs, et nous ne touchons pas au scénario. Il y a toute une équipe de scénaristes qui planche dessus et nous nous contentons de valider le script scène par scène. Une fois qu’on en sera au stade de la réalisation on se penchera aussi sur le choix des acteurs et du metteur en scène En fait on valide tout mais on ne touche à rien d’autre. Quant à apparaître dedans, que ce soit en live ou autre, ce n’est pas prévu. Tout sera entre les mains de vrais acteurs. Vu qu'on en est encore sur l’écriture, ça ne devrait pas voir le jour avant au moins un an et demi. C’est un job de longue haleine que de réaliser un film.

Che-Ro-Kee : Par rapport à ton timbre de voix, j’ai l’impression que le décalage entre votre look cuir et clous et ta voix assez haut perchée, voire un peu féminine sur les deux premiers albums a pu créer une méprise. Devant la pochette de Shout At The Devil, on pouvait s’attendre à une musique et surtout des vocaux plus agressifs. Qu’en penses-tu ?

Vince Neil : (il assimile la question) Franchement, je n’en sais rien : ma manière de chanter est ce qu’elle est, c’est une question plutôt stupide. Je chante pour Motley Crüe et c’est ce que j’ai toujours fait, avec une voix qui est ce qu’elle est.

Che-Ro-Kee : Oui, mais tu aurais pu prendre des cours pour poser ta voix de manière différente peut-être ?

Vince Neil : Mais nous avons toujours sonné différemment, sur chaque album. Je ne vois pas vraiment où tu veux en venir (ndlr: Vince est soudain sauvé par le gong, le représentant de Sanctuary annonçant après 13 minutes ! qu’il est temps de conclure.)

Che-Ro-Kee : Je sais que tu organises chaque année un tournoi de golf pour récolter des fonds pour la fondation dédiée à ta petite fille Skylar (ndlr : décédée d’un cancer des reins en 1995, à l’âge de 4 ans) Pourquoi ne communiques-tu pas plus sur ce genre de sujet et sur l’argent que tu reverses aux organismes charitables ? Ca aiderait sûrement à améliorer ton image.

Vince Neil : Le truc, c’est que ce que les gens pensent de moi, franchement je m’en bats les couilles ! Je fais de gros dons aux œuvres, je lève des fonds importants pour les hôpitaux pour enfants, pour différentes structures de recherche contre le cancer, mais je ne ressens pas le besoin d’en parler à tous propos : ça ne regarde personne à part moi. Et en fait, j’aime cette idée de rendre une partie de ce que j’ai reçu, j’aime pouvoir venir en aide aux autres. Il n’y a pas que ce tournoi de golf, il y a aussi des tournois de poker chez moi à Vegas et ça permet vraiment de collecter beaucoup. Ensuite je donne juste à ceux qui ont besoin d’aide.

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