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Mortiis - The Grudge (2004) |
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Mortiis a bien changé. Positivement? Négativement? Impossible à définir (quoique) tellement The Grudge est autre chose. Avec cependant quelques passages pouvant encore rappeler ce que fut Mortiis, tout n’est que confusion, agressivité, sons électros, guitares acérées et chants saturés. ‘Electro industrial epic’ caractérise cet album, ouvert à des horizons lointains mais dangereux. Le sieur Mortiis est donc de retour avec un groupe au complet avec deux guitaristes: Levi Gawron et Asmund Sveinunggard, ainsi qu’un batteur (Leo Troy).
Finis donc les concepts albums en solo, la musique de Mortiis sent le trop-plein d’influences... Toujours aussi bizarre, sans cesse changeant, ambiances fantastiques, Mortiis ajoute un poids à sa musique, parfois rock, parfois Metal, parfois Marilyn Manson-like, et tout le temps électro. Bref, difficile à cerner. On retrouvait déjà cette envie d’aller plus loin avec les machines dans les précédentes réalisations. On peut dire que l’homme qui se cache derrière ce masque –anciennement à la basse chez Emperor- en veut à ceux qui n’évoluent pas...
Les titres se suivent et heureusement quand même ne se ressemblent pas. Si. Le chant parfois a tendance à traîner dans le même registre. Un chant clair, énervé, saturé, et pas bien épique ni mystérieux. Alors dix titres viennent frapper les esprits pour confirmer que l’on a perdu un peu de Mortiis dans une musique très (trop) contemporaine. Broken Style, dès la première note de l’album nous mène vers un Metal électro futuriste, les guitares en retrait pour laisser la place aux machines. Le titre se veut très dynamique et chaotique, notamment grâce aux fugitifs passages calmes jouant le thème de l’angoisse. Quelques titres s’approchent d’un registre plus rock psychédélique électro, comme Way Too Wicked et Twist The Knife. Ca frôle aussi parfois un peu trop la Dance (!!!) avec le titre éponyme à l’album. Difficile de rentrer dedans, tout comme The Worst In Me, où les sons futuristes ont trop de place.
Quelques titres valent le coup d’oreille comme Twist The Knife et Gibber complètement décalés. Le dernier titre cité fait carrément penser à un Marilyn Manson qui se serait mis aux machines! Et pour aller plus loin, cet album est idéal comme B.O. de films, type Matrix. Très rythmique, très énervé, très futuriste et actuel, tout est réussi en ce sens. Les fans risquent de ne pas trouver cet argument très convaincant. Certains préfèreront les anciennes B.O. Mortiis collant plus à un monde onirique et profond. Une autre question… le batteur, où est-il dans tout ce samplage? Ce doit être en live qu’il prend sa place. Espérons-le.
Bref, pas un grand album, un tournant décevant pour le troll Mortiis qui était capable de nous faire voyager très loin (avec des titres comme I Am The World…). Ca sent le préchauffé et l’opportunisme, même si la qualité de programmation est évidente. Le son ne colle plus à l’image.
07.5/20
Count D (Août 2004)
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