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MIND'S EYE
Walking On H20 (2006)
LINE UP :
Andreas Novak (chant)
Johan Niemann (guitare+basse)
Daniel Flores (claviers+batterie)
Mind's Eye Walking On H20
CHANSONS QUI TUENT :
Mrs. Clairvoyance
Sahara In An Hourglass
CHRONIQUEUR :
Beren
(Juin 2006)
NOTE :
10 / 20

Le trublion de Therion, Johan Niemann, revient sur le devant de la scène, mais cette fois sans être véritablement aux commandes. En effet, bien qu'il soit co-fondateur du groupe Mind's Eye, Johan Niemann laisse la barre à Daniel Flores (l'autre tête pensante du groupe) sur ce concept-album articulé autour des théories de l'évolution. D'accord, un concept sur l'évolution, grand thème scientifique s'il en est, ne pouvait que titiller ma curiosité, d'autant plus que le nom de Johan Niemann aligné sur le papier ne pouvait que renforcer un a priori positif.

Walking On H2O est un album tiraillé entre AOR et rock progressif, dont on ne sait malheureusement que trop où il veut aller. Techniquement, c'est souvent irréprochable, entre les mélodies à la guitare classement exécutées (le grain acoustique de « Sahara In An Hourglass », le rock pêchu et alambiqué de « Mrs Clairvoyance ») et le chant, impeccable, d'Andreas Novak, plus connu sur la scène AOR/hard FM que sur les plates-bandes symphoniques du métal des frères Niemann.

Cependant, il règne sur ce disque une ambiance morne, ne décollant que très rarement de la terre ferme et surtout, dix mille fois entendue. Les duos guitare-claviers rétro-pompeux et parfois bien mal dosés (« Umbrellas Under The Sun », imbuvable) succèdent aux mid-tempos betterave et aux incontournables ballades agréables à l'oreille, bien que la relative complexité de l'ensemble (c'est du progressif gentil, mais progressif tout de même) assure une plus-value intéressante et fait rare pour être souligné, l'ensemble n'est pas plus abscons que le discours de George W. « War » Bush. Mais Niemann et sa bande se sont hélas fourvoyés dans le cliché le plus exaspérant du progressif : la longueur. En effet, Walking On H2O occupe presque toute la capacité d'un compact-disc - pourquoi chercher systématiquement à jouer au jeu du « Qui a la plus longue ? » - et ultime sacrilège, se termine sur un morceau de onze minutes (« Poseidon Says ») aussi attractif qu'un début d'après-midi sur France 2.

Bref, vous comprendrez que je n'ai pas été emballé par ce disque longuet et pas original pour un sou. Aucune véritable émotion ne ressort de l'écoute de ce disque au concept pourtant alléchant. Les die-hard fans d'AOR et de rock progressif vieille école se contenteront peut-être du minimum syndical qu’offre ce disque : moi, je m'en retourne écouter Theli.

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