| MESSIAH’S KISS DRAGONHEART (2007) |
LINE UP : Mike Tirelli (chant) Georg Kraft (guitare) Wayne Banks (basse) Eckhard Ostra (batterie) |
|
| CHANSONS
QUI TUENT : The Ivory Gates Thunders Of The Night |
CHRONIQUEUR : Lord Henry (Juin 2007) |
NOTE : 11 / 20 |
Le jour où Manowar aura définitivement cessé toute activité métallique pour s’adonner à la musique classique (sic et deux fois sic), il faudra bien que quelqu’un reprenne le flambeau du true-metal-à-la-true-de-chez-true. Messiah’s Kiss se positionne dans cette tâche ardue. Même si les hymnes à la gloire du « heavy metôol » se font plus circonstanciés et moins évidents – le mot « metôol » n’est que peu prononcé dans cet album, à l’inverse du précédent, comment s’appelait-il déjà… – Messiah’s Kiss annonce la couleur d’entrée en avouant que l’originalité n’est pas leur préoccupation première. On aurait pu le deviner seul.
Musicalement, origine germanique oblige, le metôol de Messiah’s Kiss « sonne » profondément européen. Plus exactement, on y sent l’évidente influence anglaise de Judas Priest, dans des rythmiques enlevées et des vocalises élevées, et celle, plus mélodique, du heavy-speed à l’allemande. Le vocaliste américain Mike Tirelli ne craint pas de se confronter au mélange des genres, capable tel le R.J. Dio moyen, d’adopter différents registres d’agressivité afin de chanter comme il faut du metôol. Passons outre le grotesque incommensurable des textes : ce chanteur est bon.
Et parfois, ça sonne même plutôt bien ! Les mid-tempo très soignés que sont "Thunders Of The Night", "City Of Angels" (et son côté glam-rock ricain pas dégueu) ou "Northern Nights" (serait-ce du clavier que l’on entend là, vaguement, tout au fond ?...) sont très aboutis et font mouche dans une agréable simplicité. Les titres plus véloces sont quant à eux très conventionnels, et déplairont toujours autant aux détracteurs de la frange traditionnelle du metôol. La production, plus ou moins brouillonne sur les soli, demeure plutôt correcte, et c’est heureux étant donné le degré d’épuration de la musique du groupe – qui s’est même séparé d’un guitariste… Un "The Ivory Gates" conclusif tente d’ailleurs une construction un poil plus recherchée, et l’effort est payant.
La recette fonctionne donc, pour peu que l’on ne soit pas par défaut allergique aux groupes fondateurs. Il n’y a strictement rien de frais dans ce Dragonheart : avis aux amateurs de vieux pots et de bonnes soupes. De ce point de vue, la musique se rapporte à l’artwork. En metôol, la première impression est souvent la bonne.

