| MEATHOOK SEED Basic Instructions Before Leaving Earth (1999) |
LINE UP : Christophe Lamouret (chant) Mitch Harris (guitare+programmation) Ian Treacy (batterie) Shane Embury (basse) |
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CHANSONS QUI TUENT : Elemental I Think You Lie And Silence/Build A Rythm |
CHRONIQUEUR : Aliocha Klodovitch (Juin 2006) |
NOTE : 16 / 20 |
Basic Instruction Before Leaving Earth - ou B.I.B.L.E., attention au message subliminal - c'est très probablement un disque que la frange la plus true des metalleux a voulu oublier au plus vite. Pensez donc, Mitch Harris et Shane Embury de Napalm Death, les Seigneurs du Grindcore en personne, se compromettent dans un side-projet indus avec un chanteur de néo, français de surcroît (Christophe alias X-Tof de Out), rien ne va plus mon bon monsieur. Quand ils faisaient une sorte de sous-Ministry punkoïde avec les mecs d'Obituary sur le premier album, ça allait encore, mais là même certains critiques français ont parlé de "metal à paillettes pour dance-floor".
C'est vrai qu'au début, on a un peu de mal à comprendre ce que c'est que ce machin : dans le livret, une dédicace à Björk et des images abstraites, pas de paroles mais uniquement un court fragment par morceau, et cet envoûtant instrumental d'introduction, Civilize The World, à la fois mystique, oriental et dissonant. On a à peine le temps d'être surpris que Elemental enchaîne sur fond de beat disco, avec refrain pop et passages de chant torturé à la Deftones, mais les guitares aux tessitures extrêmes nous rappelent que c'est quand même le gratteux de Napalm Death qui est aux commandes.
Par la suite, c'est un album éclectique dans les atmosphères mais gardant un son très cohérent, qui nous mène de la rage (I Think You Lie) vers le receuillement mystique (And Silence/Build A Rythm) en passant par le désespoir (Beautiful). Seul Black Sky, basé sur le même principe que The Die Is Cast & Cries Will Last - couplet déstructuré/dissonant suivi d'un refrain accrocheur - se révèle être un titre vraiment dispensable. Comme autres désagrément, il n'y a guère que quelques passages un peu trop téléphonés gâchant par moments l'écoute (le couplet à la Korn de I Think You Lie), mais globalement, l'album soutenu par un son obsédant et une batterie tout en finesse arrive à titiller votre imagination.
La B.I.B.L.E. selon Harris, c'est un peu comme la Bible, la vraie : chacun y lit (entend) un peu ce qu'il veut. Disco-metal honteux pour certains, témoignage d'une escapade réussie dans un style de djeunz doublée d'un concept tout en finesse pour d'autres. Un disque aux allures un peu mystiques : quand on l'insère dans son PC en vue d'une prochaine chronique, on peut découvrir dessus un texte complètement allumé parlant de complots intergalactiques et de tout un tas d'autres trucs que j'avoue ne pas avoir eu le courage de lire. C'est sûr que ça ne risque pas de devenir un évangile canonique, mais les amateurs d'ésotérique - y compris ceux qui ont juste vu Da Vinci Code au ciné - devraient y trouver leur compte.

