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Seconde réédition
chez Firebox à atterrir dans mon escarcelle ce mois-ci, l'album de
Manitou, sorti en 2004 à l'origine sur un label qui a depuis coulé
(Rage Of Achilles), est en fait un tout premier album. Bon, le nom
du groupe n'est pas des plus attractifs, d'autant plus qu'il est
finlandais (encore!). Mais cette offrande venue de Scandinavie a
plus d'une boule de neige dans son sac: les influences majeures du
groupe étant Dream Theater et Queensrÿche, il ne faudra pas s'étonner
de la teneur en éléments progressifs de cette galette. Mais la
chose la plus intelligente a été de ne pas copier vulgairement
(disons de manière détournée ^^) les riffs des groupes pré-cités,
dont l'inspiration n'est pas forcément présente non plus à chaque
morceau. Comprenant en son sein le guitariste d'Omnium Gatherum
(Markus Vanhala, qui officie ici en tant que compositeur principal),
un combo finlandais de death mélodique, Manitou possède une
certaine "science" du riff et surtout des arrangements à
sa sauce...
Mais cette science ne se vérifie pas au premier coup d'oreille porté
sur l'ensemble du disque. Débutant sur un morceau heavy mid-tempo,
très popisant, le disque ne veut pas tout de suite montrer où il
veut aller. Chausse-trappe que ce "Mad Moon Rising" au
refrain très mélodique (comme l'ensemble du disque, d'ailleurs),
qui ne cartonne pas autant qu'on aurait pu l'espérer d'un opener
metal. Mais les subtils arrangements entre guitares (mises en avant,
tout shred dehors) s'acoquinant avec de jolies notes de claviers et
de guitare acoustique font de ce morceau une entrée en matière
assez remarquable, mais très accessible. En effet, à partir de la
seconde piste ("Drifting Shadows"), les choses
s'assombrissent. Un riff jazzy, monstrueux - calqué sur du Dream
Theater - vient vous cueillir, assommé car très surpris. Très
efficace, soutenu par une production énorme, ce morceau transfigure
ce disque, dévoilant une face progressive/mélodique insoupçonnée.
Et c'est là qu'Omnium Gatherum et son passif progressif entre en
jeu. Délaissant le chant death pour un chant puissant, mais plus
accessible, la suite du disque ne sera qu'une succession de morceaux
mélodiques ("Blind Eye Open" qui n'aurait pas dépareillé
sur "Images And Words", tiens) et de morceaux plus
sombres, directs et alambiqués ("Machine Mind" et son
superbe riff, limite solo-esque, "Wish I Could Sleep",
in-your-face, mais plus convenu, "The Valley Of
Evergreen").
L'ambiance générale dénote assez du contexte speed metal mélodique/black
metal finlandais. Avec "The Mad Moon Rising", on a plutôt
affaire à un disque de metal heavy, porté sur les guitares, sur la
mélodie au refrain catchy et immédiat et sur la démonstration
progressive selon les morceaux. Comme je le disais plus haut, à l'écoute
de ce disque, on ne peut s'empêcher de penser à Dream Theater, époque
"Images And Words". Les arrangements claviers se
ressemblent, les riffs de guitare (ici, doublés pour un sentiment
de puissance décuplé) piochent çà et là dans la discographie du
Theâtre Du Rêve première époque. Mais difficile de se prononcer
sur le sentiment de...plagiat, qui pointe pas mal sur certains
morceaux ("Drifting Shadows", le plus évident lors de son
break, "The Valley Of Evergreen"), sans pour autant en
copier note par note les riffs.
On dira donc que Manitou y puise son
inspiration majeure; que pour un premier disque, le groupe
finlandais s'en sort pas mal du tout, aidé par une production béton
et un morceau splendide, qui restera dans les mémoires
("Drifting Shadows"); que l'on attendra donc pour un éventuel
prochain album plus de personnalité. J'ai finalement un petit
faible pour ce disque ultra-mélodieux, léger et attendrissant par
sa naïveté. Mais pour les fanatiques intransigeants des groupes pré-cités,
enlevez quatre points à la note finale...
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