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Parfois, il fait bon
de changer un peu d'air entre deux disques enregistrés par un
brontosaure qui hurle sa haine sur fond de marteau-piqueur et
perceuse électrique. Empathy fait partie de ces disques-oasis
apportant un peu de fraîcheur dans la traversée du milieu parfois
artistiquement très aride des nouveautés du metalleuses. Si pour
vous The Gathering fait de la musique mollassonne pour gonzesses,
vous pouvez d'ores et déjà éviter de perdre votre temps et passer
à une autre chronique. Si au contraire, vous ne rechignez pas les
ambiances électro dépouillées couplées à un brin de pop, de
trip-hop et de lounge jazzy, ce disque risque bien de vous intéresser.
Au rang des influences clairement perceptibles on
pourra citer d'une part Cocteau Twins et d'autre part Portishead.
Des premiers, Mandaly hérite les ambiances rêveuses et popisantes,
aux seconds il emprunte un son mêlant électronique et instruments
réels, ainsi qu'une certaine mélancolie confinant au désespoir.
Les arrangements sont presque toujours minimalistes et épurés,
extrêmement limpides, et ne nécessitant pas d'efforts particuliers
pour percevoir les petites subtilités qui parsèment le disque, ce
qui rend l'écoute particulièrement reposante.
Hors de question ici de brusquer, de bousculer ou
de dérouter l'auditeur, tout au plus il sera sorti de sa torpeur
contemplative par un titre un peu plus énergique que les autres,
comme l'excellent Kissing the Day, véritable ode à la légèreté
et au romantisme. Les cuivres et les guitares sont utilisés avec
parcimonie, pour soutenir l'ambiance plutôt qu'en guise de démonstrations
techniques stériles et complètement déplacées dans ce contexte.
Les claviers, les samples et l'électronique constituent la véritable
ossature des compositions, et l'on ne peut que se réjouir devant la
grande variété de sonorités utilisées et la justesse de la
production. Seuls les sections de cordes ont un rendu un peu cheap
et auraient gagné à être un petit peu moins mises en avant sur
certains titres.
L'un des paradoxes de ce disque, c'est que l'élément
qui capte l'attention en premier lieu, à savoir la voix douce et
cajoleuse de Nicola Hitchcock, est peut-être le moins varié et le
plus prévisible au fil des chansons. Non pas que son timbre manque
de charme, bien au contraire: frissonnant grâce à un tremolo très
marqué, invitant à des pensées langoureuses, presque
concupiscentes. Mais son registre reste quand même assez limité,
et c'est bien l'accompagnement qui nous permet de passer presque
imperceptiblement d'un titre sensuel et organique comme This Life au
presque inquiétant et très synthétique Flowers Bloom. Le charme
de Nicola n'est en somme qu'une vitrine, un élément d'accroche très
efficace vous happant dans les effluves éthérés d'un disque qui
malgré sa légèreté et sa désinvolture ne perd pas de sa
consistance au fil des écoutes. Même un amateur de thrash US
old-school pourrait tomber sous le charme, pour peu qu'il ne
rechigne pas un peu de metal à chanteuse de temps à autre.
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