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Magma - Köhntarkösz (1974) |
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Finis les débuts jazz, très rythmés et presque dansants des premiers albums de Magma; Köhntarkösz est à mon sens plus difficile d'accès. Plus noir et oppressant que jamais, Magma n'hésite pas à répéter inlassablement un même thème, pour mieux achever l'auditeur. Magma va même encore plus loin que Mekanik Destruktiw Kommandoh dans ce procédé, si bien que l'on pourra trouver le temps un peu long à certaines reprises.
J'irais même jusqu'à dire que le rendu des première et deuxième parties de Köhntarkösz est bien meilleur en live, plus vivant et avec des claviers moins vieillots. Les dix premières minutes de Köhntarkösz - Part 1 sont même d'une lourdeur inhabituelle pour Magma, et Christian Vander paraîtrait presque un peu moins allumé qu'à l'accoutumée. Erreur, car le final de ce morceau est dantesque et Magma nous surprend après ces dix minutes, avec une montée en puissance, calme et progressive, à l'inverse des uppercuts et boulets de canon de Mekanik Destruktiw Kommandoh, qui nous arrivaient en pleine tronche immédiatement, sans prévenir!
Arrivé à la deuxième partie de Köhntarkösz, là on se dit que ça va démarrer en fanfare, que le final va être explosif. Même pas, ils nous ont bien eu hein? Magma ménage toujours le suspens, c'est bien ce qui constitue le point fort de Köhntarkösz. Et en cela, ce groupe se démarque définitivement des autres formations de progressif, versant dans la technique ou le mielleux (au choix). Au bout de cinq minutes, le tempo de la seconde partie s'accélère, et là on se dit que maître Vander va nous faire son one-man show en Kobaïen. Non, il préfère laisser les choeurs féminins s'exprimer, ce qui n'apporte pourtant pas de gaieté à ce disque, bien au contraire!
Bon, Ork Alarm, avec ses violons hypnotisants, n'en parlons pas. On peut difficilement faire plus barbare que ce morceau, avant l'explosion avec les bruitages à la guitare. Le dernier morceau est, comme son nom l'indique (Coltrane Sundia), un hommage à Coltrane. Il ferait presque officie de ballade à côté de tous les ouragans qui lui ont précédé. Köhntarkösz est l'un de ces disques particulièrement éprouvant pour l'auditeur, parfois un peu long, mais son ambiance malsaine vous y fera revenir souvent, tel un adepte d'une secte qui obéit au doigt et à l'oeil à son gourou.
15/20
David (Décembre 2004)
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