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Que ce soit au sein
d'un même album ou sur l'ensemble de sa discographie, on ne peut
pas dire que Magellan se soit focalisé exclusivement sur un seul
style de musique. C'est indéniablement cela qui plaît à ses fans
mais cette qualité est à double tranchant puisque ses détracteurs
se servent du même argument pour montrer l'incohérence de ses
albums. Deux ans plus tôt, Impossible Figures n'avait pas vraiment
convaincu à cause, justement, d'une trop importante disparité
stylistique. Symphony For A Misanthrope rectifie le tir sur ce plan
mais manque gravement d'inspiration et l'ennui est de la partie...
La
plage d'introduction Symphonette "made in keyboard land"
n'est pas là pour nous rassurer. Imaginez la bande-son d'un vieux
Disney avec des sonorités aussi cheap que peu subtiles et vous
obtenez une entrée en matière bien peu reluisante. Pourtant
Magellan a su par le passé montrer de belles dispositions en ce qui
concerne la conduite de passages instrumentaux. Et même ce Symphony
For A Misanthrope prouve que Trent Gardner n'a pas perdu la main
comme sur le Pianissimo Intermission où l'on est séduit par la
fluidité et l'entrain des notes jouées au piano.
Le reste de la galette mélange
les éléments qui ont fait le succès du metal prog (Doctor
Concoctor) et du rock prog (Cranium Reef Suite, Wisdom) sans chercher
à se démarquer des pointures des genres. On a donc droit à des
chansons artificiellement longues bâties autour de riffs tout juste
passables. Mais c'est surtout le chant qui vous donnera des crises
allergiques. Trent Gardner ne s'est vraiment pas creusé la tête
avec ces "jam songs" prévisibles. Les lignes vocales
n'attirent que rarement l'attention (le refrain de Why Water Weeds?)
en donnent systématiquement l'impression d'évoluer en parallèle
de la musique plutôt que d'aller dans la même direction et former
un tout cohérent. Il en résulte une musique totalement mécanique,
sans émotion. La longue pièce épique de dix-huit minutes, Cranium
Reef Suite, égraine tous les clichés des morceaux progressifs.
Alors que des groupes comme Transatlantic ou Spock's Beard arrivent
à innover avec des éléments musicaux typés seventies, Magellan
se contente de fades copies pas inspirées pour un sou. Rester à
l'écoute de ce morceau pendant plus d'un quart d'heure fait figure
de punition tant il n'y aucune continuité dans les idées et pas la
moindre trace de mélodie intéressante...
Wisdom est finalement le seul moment assez homogène de Symphony For A Misanthrope mais un chant haut perché et énervant aura raison de
notre patience. Pourtant il faut bien se rendre à l'évidence que
ce titre est, avec l'intermède au piano, le meilleur des sept
proposés sur cet opus. Magellan retrouve donc ses plus gros
défauts, à savoir une musique bas de gamme composée à la
chaîne, certes bien interprétée (et encore, les sons de claviers
sont vraiment à revoir) mais manquant cruellement d'âme. On
espère que ce passage à vide sera rapidement rectifié et que
Trent Gardner retrouvera sa fougue d'antan.
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