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Depuis
ces débuts, Madonna a toujours su se transformer d'année en
année, d'album en album, et imposer des tendances qui ne se limitaient pas seulement au domaine musical. Mais avec l'âge, la
madonne s'est montrée un peu moins mordante et ses deux derniers
albums (Music et American Life) malgré des ventes qui se comptent
une nouvelle fois avec plusieurs millions n'ont pas eu la portée
des grands classiques des années 80 ou du début des années 90. Il
était temps de rectifier la trajectoire et de reprendre le
contrôle d'une scène pop dictée par la loi de jeunes bimbos
latinos... Et à quarante-sept ans, Madonna passait presque pour une
simple outsider has been.
Comme pour faire oublier cet âge ancestral, la
belle apparaît dans le clip de Hung Up aussi souple qu'une jeune
vierge. Mais avec sa tenue rose bombon tout droit sortie d'un sac du
Secours Catholique, on prend peur... C'est ça, sa révolution? Pas
tout à fait, en réalité. Car malgré les apparences, ce n'est pas avec son look
qu'elle veut marquer les esprits mais bien avec sa musique. Incontournable depuis sa sortie le mois passé, Hung Up a tout du
très grand hit. Caractère dansant, sample ressuscitant un des groupes les plus
aimés du siècle dernier (ABBA avec Gimme! Gimme! Gimme (A Man
After Midnight)), production gargantuesque et une mélodie
instantanément marquante, voilà qui pourrait commencer à
expliquer le succès monstrueux rencontré par ce titre, le single
le plus intéressant de la part de Madonna depuis bien longtemps.
Majoritairement
écrit et produit par la paire Madonna/Stuart Price, Confessions On
A Dance Floor sent bon la nostalgie. Comme bien d'artistes avant
elle, Madonna est allée chercher dans son passé de quoi renaître
artistiquement. Il faut dire qu'à la vue des médiocres Music et
American Life, il était grand temps de se poser quelques questions.
L'album, se présentant sous la forme d'une longue plage
ininterrompue, est donc parcouru par un vent de nostalgie qui n'est
pas sans rappeler les grands moments d'un True Blue ou d'un Like A
Virgin. Toutefois, Madame Ritchie n'a pas oublié de réappliquer
les bonnes idées de ces dernières parutions à commencer par une
production hallucinante de propreté qui justifie à elle seule
l'achat de ce disque pour tous les audiophiles. En dehors de la Lady
et de Price on compte à la production des contributions de Bloodshy
& Avant, Mirwais Ahmadzai, Jo Henry, Anders Bagge et Peer
Astrom. Un travail minutieux qui enrichi la musique de nombreuses
couches plus passionnantes les unes que les autres à découvrir
(How High, Isaac) et permet à Confessions On A Dance Floor d'être
une belle réussite rétrofuturiste.
Passé le stade où l'on
défriche pour arriver au coeur de l'oeuvre, il n'y a honnêtement
plus grand chose à se mettre sous la dent. Malgré un titre d'album
alléchant, les confessions de Madonna sont bien pauvres et on
retrouve sur chaque morceaux des paroles qui rivalisent de nullité
(I Love New York est sûrement la plus ridicule). Ajoutez à cela
quelques titres complètement ratés dont l'immonde Future Lovers
ainsi qu'une seconde moitié de disque ne donnant plus vraiment
envie de danser et on est un peu perdu. Heureusement en dehors du
travail titanesque de production, plusieurs titres valent le
détour. Ils permettront à Madonna d'opérer un retour bien
mérité en sortant à intervalles réguliers de deux mois. Et
franchement avec une telle pochette, vous n'avez pas envie d'aller
rejoindre cette sulfureuse plante sous les spotlights?
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