|
Pour cette troisième
démo, le groupe français Madjester nous renvoie vingt ans en arrière
avec un heavy-metal très typé 1980s. Pourquoi pas? Peu de groupes
hexagonaux évoluent dans ce style tout compte fait. Tout du moins,
peu sont parvenus à se faire un nom. Formé autour du bassiste /
chanteur Romain Valluy, qui officie également dans Revenge,
Madjester donne dans le plus simple: batterie / guitare / basse, et
c'est du taillé pour le live. "Magic Mirror", le
morceau-titre, fait résonner la basse de Romain dans un rythme
mid-tempo des plus classiques, révélant malheureusement deux
grosses faiblesses: la production (prévisible pour une démo), qui
fait sonner la guitare à trois kilomètres et qui manque
cruellement de pêche question batterie, et surtout un chant trop
souvent hors-jeu. C'est ce dernier argument qui pèsera particulièrement
sur l'ensemble des cinq titres.
Working
Man" accélère le tempo, mais fonctionne sur le même
principe. On assimile assez vite... Les soli de Jako sont en bonne
place dans chaque titre, et ma foi le bougre s'en tire bien, en
particulier sur ce morceau speed. "Does It Feel My Hunger"
est sans doute la composition la plus "passe-partout", la
plus accrocheuse, mais le chant la tire à nouveau vers le bas.
Dommage. Idem pour la cover de Faith No More, "Digging The
Grave", choix original par ailleurs, que l'on attendait pas de
la part d'un tel groupe, mais qui aurait mérité mieux. Et aussi
pour "Leave It To Me", avec son refrain pas vraiement
recherché. C'est sur ce point qu'il s'agit de progresser, aucun
doute: tant dans l'écriture des lignes vocales que dans leur
interprétation. Les choeurs, notamment, nécessiteraient plus
d'attention. Le trio, depuis dix ans, est fidèle à sa musique,
puisant son inspiration aux racines du heavy-metal, avec une
influence Maiden notable, mais n'a vraisemblablement pas eu
l'occasion de percer et de s'imposer. Pourtant, la motivation ne
fait pas défaut.
La scène française a besoin de groupes comme
Madjester, alors essayons d'optimiser nos chances! Encourageons-les.
RETOUR
A L'INDEX
|