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Du "true"
metal en provenance de Finlande, et pourtant on est loin du speed de
Sonata Arctica, de l'atmosphérique de Nightwish, et des sonorités
de clavier à la Stratovarius. Machine Men s'est rattaché aux
racines du genre - comprendre Iron Maiden, encore et toujours - et
s'inscrit plus volontiers dans la continuité de groupes comme
Edguy, avec cependant un son plus épuré et plus brut. Les jeunes
loups, vingt ans à peine de moyenne d'âge, sont déjà montrés du
doigt comme étant "la relève" du genre. Il est vrai que
Elegies contient quelques qualités, mais n'allons pas trop vite en
besogne...
Quand démarre "Falling", l'auditeur est fixé sur
l'ambition de Machine Men: dans une cavalcade typiquement
maidenienne, une voix haut perchée assure des mélodies
accrocheuses, opérant ainsi à un retour aux sources du
heavy-metal. Le chant d'Antony, juste mais manquant d'expérience,
ressemble fortement à celui de Tobias Sammet, tremoli et vibrato en
moins - moins maîtrisés en tous cas. Les soli font dans le
super-classique mais restent agréables. La formule est la même
pour "Dream & Religion", "Back From The
Days", "The Traitor" ou le très radio-friendly
"Apathy", avec notamment une progression d'accords prévisible
à des kilomètres en introduction. Hits en puissance, ces titres
s'avèrent plutôt sympathiques dans l'ensemble, surtout "The
Traitor" aux riffs musclés et où Antony s'approche vocalement
d'André Matos.
Toujours assez énergiques, les morceaux de Machine Men ne sont
pas révélateurs d'un sens de la composition particulièrement
aiguisé, mais misent en fin de compte tout sur leurs atouts, indéniables
de toute manière : mélodiques, catchy et simples d'approche. Les
Finlandais peuvent ensuite s'amuser à singer The Offspring, dans sa
période poppy, comme sur le riff de "Daytime Theatre", la
voix reste heavy et l'esprit du morceau reste confiné à ce metal
propre aux 1980s. Quoiqu'il arrive, nul ne pourra taxer Machine Men
d'opportunistes ou de vendus. Témoin de cet attachement au
"vieux" metal: la reprise en fin de galette de
"Freak", l'opener du Accident Of Birth de l'ami Bruce
Dickinson. Curieux choix que ce titre, parmi le répertoire fourni
du vocaliste de Maiden, avec ou hors de sa formation, mais les
musiciens se le sont bien appropriés, en fournissant toutefois une
version très fidèle à l'originale.
Reste que Machine Men devra progresser en terme de songwriting.
La musique qu'ils nous proposent pour ce deuxième album s'avère
par trop stéréotypée. On sent là-dessous un potentiel latent,
qui ne demande qu'à se développer. Autre reproche, les ballades
"October" et "From Sunrise To Sunset" qui
souffrent toutes deux de lignes de chant maladroites et de mélodies
un poil "bateau". On sait cet exercice difficile, mais
visiblement les jeunots manquent également d'expérience à ce
niveau. Néanmoins, l'impression laissée par Elegies reste
globalement positive; et l'on est en droit d'imaginer ce groupe
accomplir dans un avenir proche la marge de progression évoquée
plus haut. Ca pourrait être grand. A confirmer donc.
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