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Stakanhoviste
du ska/punk rock, Less Than Jake a toujours mis un point d'honneur
à ne jamais se répéter, au grand dam des kids qui regrettent
souvent les débuts du groupe. Jamais véritablement reconnu en
France, le quintette possède aux Etats-Unis une solide fanbase et
a eu quelques succès d'estime notamment avec le précédent
album, Anthem, marquant le début de la collaboration avec
Warner Brothers. In With The Out Crowd, livraison de 2006, redonne
de l'importance aux cuivres à travers quelques incursions
discrètes mais aussi des chansons au fort parfum ska (A Still
Life Franchise, Don't Fall Asleep On The Subway, P.S. Shock The
World). Une belle diversité mise au profit d'un album
dynamique, gai et doté de plus de couches qu'il n'y paraît.
On pourrait s'arrêter aux titres
qui plairont aux fans des premiers Green Day ou de Blink182 comme
Fall Apart, Land Mines And Landslides ou le premier single
Overrated (Everything Is) mais cela ne mettrait l'accent que sur
une petite partie des talents de Less Than Jake: écrire des
chansons rapides aux refrains-hymnes diablement catchy. Le groupe
de Vinnie Fiorello le sait bien: remplir à rabords un disque de
ce genre de morceaux serait suicidaire et comme il possède
plusieurs cordes à son arc, il aurait tort de ne pas nous les
montrer.
Outre les chansons portées par les cuivres, dont
l'entêtante A Still Life Franchise, In With The Out Crowd nous
présente quelques titres inattendus avec le midtempo The Rest
Of My Life et le nostalgique P.S. Shock The World. Ce dernier,
pour un groupe de punk, pourrait presque passer pour de
l'expérimentation alors que The Rest Of My Life montre la facette
plus adulte du combo, à la manière des derniers Green Day ou
Yellowcard. Dans ces deux cas, on comprend également que Less
Than Jake n'est pas un groupe pour ados lambda tant la subtilité
des textes occupe une part importante dans leur succès.
Même si on sent que les Américains
ont choisi les meilleures chansons dans chacun des styles auxquels
il se frotte, In With The Out Crowd n'échappe pas à quelques
baisses de régime (Mostly Memories et son refrain idiot,
In-Dependence Day et sa simplicité outrancière, Hopeless Case),
heureusement dilluées par un tracklisting n'enchaînant jamais
deux temps morts consécutifs et préservant à tout moment
l'intérêt de l'auditeur. Less Than Jake réussit son coup et,
malgré son statut de vétéran sur une scène habituée à
brûler ses idoles plus rapidement qu'il ne le faut pour les
glorifier, devrait encore maintenir au beau fixe son pouvoir de
séduction.
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