-the lord : The Black Halo semble être la suite du
concept développé dans votre précédent album, Epica. Pourquoi
ne l'avoir rendu plus évident en appellant l'album Epica II (rires)?
Khan (chant) : Même si les concepts sont proches, les
deux albums sont bien différents et nous voulions que The Black
Halo puisse fonctionner de manière indépendante. En l'appelant
Epica II nous craignions que cela fasse peur à certaines
personnes qui ne connaîtraient pas le premier volet. De plus, ce
disque est assez différent au niveau de la musique puisqu'il est
nettement plus sombre et mélancolique.
-the lord : A l'écoute de The Black Halo j'ai
l'impression qu'il s'agit de votre album le plus technique mais
également le plus direct. Es-tu d'accord?
Khan : Oh oui! C'est amusant que tu dises cela car
c'est exactement mon sentiment. Nous n'avons pas fait exprès de
le rendre complexe mais il faut reconnaître qu'il l'est. Il n'y a
qu'à écouter la première chanson pour s'en rendre compte. Il y
a
du chant black et un tempo lent, ce n'est pas quelque chose
d'habituel pour nous. La structure de l'album est aussi
différente et truffée d'information. En tant qu'auditeur j'ai
toujours aimé les albums où il est possible de découvrir des
détails à chaque écoute. J'espère que les fans qualifieront
ainsi ce disque et qu'ils prendront autant de plaisir à l'écouter que nous en avons eu à le faire.
-the lord : Comment en êtes-vous venus à inviter
Shagrath sur votre album?
Khan : De tous les invités présents sur The Black
Halo, Shagrath est celui qui surprend le plus de monde (rires).
Mais il s'est imposé comme une évidence. Nous voulions, pour
servir le concept, que le diable nous montre son vrai visage. Qui
de mieux pour faire cela que le chanteur du plus gros groupe de
black metal actuel? Shagrath a une dimension malsaine qui était
parfaite. Que ce soit du point de vue de Thomas Youngblood (note
de -the lord: guitariste de Kamelot) ou du mien, il était
numéro un de notre liste de chanteurs potentiels (rires). De
plus, il vit comme moi en Norvège et nous avons des amis en commun. Je suis
très satisfait de sa performance.
-the lord : Avez-vous pensé à d'autres alternatives
pour représenter le personnage de Mephisto? Par exemple en
utilisant des narrations...
Khan : Non, nous n'y avons jamais vraiment pensé. Il y
a une sorte de narration en début d'album mais c'est plus un
discours qu'une narration. En plus, je trouve que lorsqu'on
emploie des narrations on peut très vite tomber dans le...
Comment dire?
-the lord : Ridicule?
Khan : Je suis content que ce soit toi qui l'aies dit (rires). Nous avions tout de suite pensé à utiliser un chant de
metal extrême. Il est évident que si Shagrath avait refusé nous
aurions pris quelqu'un d'autre mais nous n'aurions pas remis en
cause l'idée de base. Je pense que Thomas aurait pu le faire ou
alors notre batteur Casey Grillo qui a une voix terrifiante et
très caverneuse (rires).
-the lord : De plus en plus, Kamelot aime alterner les
morceaux très directs comme Soul Society avec des chansons plus
longues et ambitieuses telles que Memento Mori. Est-il important
pour vous de garder cet équilibre pour rester inspiré?
Khan : Il est capital pour nous de nous réinventer
musicalement. C'est ce qui nous motive à continuer l'aventure.
Les membres de Kamelot ainsi que les producteurs Sascha Paeth et
Miro voient le groupe comme une aire de jeu où nous pouvons faire
ce que nous voulons. Bien entendu nous sommes un groupe de metal,
nous ne le renions pas, mais il y a finalement assez peu de
limites à ce que nous pouvons faire.
|
. . .
. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
. . . . . . . . . . . . . . |
 |
|
. . . .
. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
. . . . . . . . . . . . . |
|
|
-the lord : Vous êtes un groupe américain oeuvrant dans
un style de musique typiquement européen. Les deux publics vous
voient-ils d'un oeil différent? Khan :
Nous n'avons pas beaucoup joué aux Etats-Unis à part
au Prog Power et quelques concerts par-ci par-là. Comme
nous sommes assez connus en Europe et au Japon nous
préférerons attendre de pouvoir tourner dans les
mêmes conditions là-bas. Nous venons de mettre en
boîte deux
clips pour promouvoir le groupe en Amérique et nous
espérons que cela va marcher. En ce qui concerne le
public, très franchement je ne vois aucune différence
notable. Le peu de concerts que nous avons joué aux
Etats-Unis étaient tous complets donc je pense que les
Américains réagissent aussi bien à notre musique que
les Européens ou les Japonais.
|
|
-the lord : Peux-tu nous en dire plus sur les clips que
vous avez tournés?
Khan : Ils ont été faits pour les chansons March Of
Mephisto et The Haunting (Somewhere In Time). Nous avons
travaillé avec le type qui a réalisé le clip incroyable du
dernier single de Dimmu Borgir. Au départ le label n'était pas
très chaud pour faire un clip avec un gros budget mais en fin de
compte il nous en a payé deux (rires)! Ces clips vont être
vraiment sympas car les guests sont présents, que ce soit Shagrath
sur March Of Mephisto ou Simone Simons sur The Haunting (Somewhere
In Time). Ces trois personnages résument très bien le concept de
l'album: l'humain déchiré entre le bien et le mal symbolisés
respectivement par Simone et Shagrath. Les clips vont avoir un
côté théâtral assez poussé mais je n'ai encore pu voir le
résultat final car nous avons tourné sur fond vert et les effets
spéciaux ne sont pas encore terminés.
-the lord : Il serait peut-être intéressant de sortir
ces clips sur un DVD... A ce propos, avez-vous des projets de DVD
live?
Khan : Oui. Nous parlons d'enregistrer le concert
parisien du mois de mars prochain à l'Elysée Montmartre. Nous
nous y sommes peut-être pris un peu tard pour nous occuper de
tous les problèmes techniques et légaux liés à la production
d'un DVD mais nous restons confiants que cela pourra se faire pour
cette date. Nous adorerons la salle de l'Elysée Montmartre, c'est
pour cela que nous voulons le faire là-bas. Cette salle respire
l'histoire française et colle parfaitement à notre image.
-the lord : L'album qui vous a fait vraiment connaître
est The Fourth Legacy. As-tu le sentiment que cet album est
arrivé au moment idéal, où le speed metal était vraiment très
populaire?
Khan : Tout à fait. Nous sommes conscients d'avoir
été chanceux lors de la sortie de ce disque. The Fourth Legacy
nous a amené là où nous en sommes, c'est à dire dans la
position d'un des plus gros
groupes de power metal actuels. Je trouve que ce style revient
franchement à la mode ces temps-ci, en particulier dans les pays
scandinaves et en Allemagne. Nous pouvons dire merci à un groupe
comme Nightwish qui promeut de la meilleure des façons notre
genre de musique. J'espère que ce style séduira encore plus de
monde à l'avenir et que le metal redeviendra aussi populaire que
dans les années 80 même si cela paraît difficile. Mais pourquoi
pas, après tout? La mode est cyclique...
-the lord : Il y a bien le néo metal qui est à la mode
depuis un moment...
Khan : Oui, c'est vrai, mais en Amérique les gens
commencent à en avoir marre. Moi je continue à aimer ce courant.
Je trouve toutefois triste qu'il n'y ait pas assez de place pour
deux courants de metal en même temps. En gros, j'aimerais que ce
qui est populaire soit un peu plus varié, c'est tout.
-the lord : Parfait. Dernière question: que dirais-tu
à tous ceux qui ne sont pas encore sûrs d'acheter The Black Halo
et à tous ceux qui ne savent pas s'ils vont venir au prochain
concert à Paris?
Khan : Essayez d'écouter notre musique si vous aimez
les groupes originaux. Je suppose que n'importe quel groupe dirait
cela (rires). En tout cas, venez nous voir sur scène si vous
voulez entendre un groupe qui arrive à reproduire son album avec
seulement 10% de samples (rires). En plus, si nous faisons bel et
bien un DVD à cette occasion vous ferez partie de la fête!
RETOUR
A L'INDEX