|
AKIRA KAJIYAMA + JOE LYNN TURNER Fire Without Flame (2006) |
LINE UP : Joe Lynn Turner (chant) Akira Kajiyama (instruments) |
|
|
CHANSONS QUI TUENT : Survival Fire Without Flame |
CHRONIQUEUR : Lord Henry (Juin 2006) |
NOTE : 12 / 20 |
Peu avare de sa personne, on retrouve cette année Joe Lynn Turner avec un nouveau projet, réalisé cette fois en collaboration avec le multi-intrumentiste japonais Akira Kajiyama. L'ex-Rainbow et Deep Purple ne pouvait décemment adhérer au trip s'il n'était question de rock n' roll pur et dur, et de ce côté là pas de souci : Fire Without Flame est un descendant direct du rock énervé des années 1970s, dans la mouvance des deux formations-phares pré-citées. Un album par essence anachronique donc, explicitement destiné aux fans de la voix du rock depuis trente ans, lui-même continuant sur sa lancée musicale radicalisante lançée par son précédent album solo Usual Suspects, sorti l'an passé.
L'ami Turner est toujours à l'aise sur les rythmes saccadés et très rentre-dedans de "Survival", "End Of The Line" et "Looking For Trouble". Toujours irréprochable, il est le RJ Dio du rock, et il n'en veut toujours, à l'image de son alter-ego de Rainbow. Akira Kajiyama a composé des chansons qui ne peuvent que correspondre au talent du grand vocaliste. Mais il n'oublie pas de laisser de larges espaces à sa propre expression guitaristique, peut-être de façon plus systématique que dans l'usage habituel de ce type de musique. Ses soli, rapides et percutants, renforcent encore davantage l'esprit rock n' roll de la galette, pourtant déjà bien orientée en ce sens. Les titres rapides sont à cet égard des modèles du genre. On sera plus réservé sur les riffs, très ressemblants d'une chanson à l'autre, et sur nombre de refrains pas bien recherchés que même le talent de JLT ne permet pas de mettre en valeur, si ce ne sont ceux de "One Day Away" et de "Fire Without Flame" le morceau-titre au riff d'ouverture très stylé AC/DC.
L'orgue Hammond est en bonne place sur la majorité des titres, mais se voit substitué par un piano synthétique, sans doute de trop, sur "Fire Without Flame" et des arrangements larmoyants sur la ballade "Heart Against Heart" - la seule du lot. C'est plutôt heureux, car sans être mauvaise, cette chanson soft très prévisible ne tient pas la comparaison face à ce qu'a pu faire Joe Lynn Turner par le passé, notamment en solo. "Forever Changed" est de même un mid-tempo assez peu refléchi, révélateur des limites de créativité de son auteur. Certes, le style abordé ne nécessite pas une totale refonte des règles musicales, mais là où les adeptes invétérés et fans jusqu'au boutistes de Joe Lynn Turner crieront "encore" après chaque piste, l'auditeur moyen risque de s'ennuyer ferme. La forme est parfaite, le fond est discutable ; mais est-ce bien pertinent de discuter du fond d'une telle musique ? Choisissez votre camp.

