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Jerry Gaskill - Come Somewhere (2004) |
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Les membres de King's X ont l'habitude d'innonder le marché de leurs side projects. Mais voilà cette stratégie de diversification massive touche en 2004 le seul membre de la formation qui n'avait pas encore été atteint par le virus. Il s'agit bien entendu de Jerry Gaskill, le batteur de King's X. Espérant sans doute dégager des synergies de sa longue et fructueuse expérience avec le groupe texan, Jerry Gaskill s'éloigne avec Come Somewhere un peu trop de son core business qui conférait à son combo toute sa valeur ajoutée. A quel niveau de la chaîne de valeur y a-t-il eu un couac? Les produits de substitution du modèle de Porter vont-ils remettre en cause la pression concurrentielle qui s'opère sur le label InsideOut?
Après cette intro lue et approuvée par toutes les écoles de commerce de France, je m'en vais vous décrire Come Somewhere en termes plus musicaux. Qu'on ne se voile pas la face, cette rondelle est remplie de chansons pop très simples et très soupes... Une seule chanson de plus de quatre minutes et cinq de moins de trois minutes sont répértoriées sur l'album. De là à dire qu'il n'est pas travaillé, il n'y a qu'un pas que je ne franchirai pas... encore! Néanmoins, sans trop se mouiller, on peut déjà dire que ça sent le "calibré" à plein nez et si à l'écoute des quinze titres les grosses guitares font quelques apparitions (The Kids, No Love...) cela reste toujours dans un esprit people pas forcément dérangeant en soi mais qui donne un côté très superficiel à la musique proposée. Celle-ci peut être légitimement appréciée lors des premières écoutes mais elle laisse place à une amertume profonde lors des suivantes.
Car, Jerry Gaskill n'est pas aussi sincère dans son interprétation qu'un Ray Wilson ne peut l'être; par conséquent sa country pop ne parvient pas à séduire des personnes qui, comme moi, n'appriécent pas trop ce style à la base. L'absence totale de plusieurs dégrés de lecture pénalise l'album et rend la musique insipide et assez sectaire en fin de compte. Ceux qui aiment la facette la plus pop de King's X seront sans doute satisfait par Come Somewhere mais les autres qui aiment l'intelligence et la finesse de ce combo se demanderont comment son batteur a pu sortir un tel opus.
Fort heureusement, Come Somewhere possède de bons titres à commencer par Faulty Start qui s'appuie sur une superbe mélodie vocale. On constate à l'écoute de cette chanson que si les lignes de chant avaient été aussi soignées sur tout le disque, Jerry Gaskill aurait fait bien mieux que de limiter la casse. Il n'y a guère que sur Faulty Start qu'il se montre généreux; et la sauce prend jusque dans le solo de guitare, simpliste mais efficace. Every Day est une très sympathique ballade intimiste qui sent bon le feu de bois du Middle West américain. Au final, on dira ce qu'on voudra mais Come Somewhere est l'exemple typique de l'album solo qui n'intéressera que les fans les plus fanatiques du groupe duquel est issu l'artiste. Les autres feront mieux de se pencher sur la carrière de King's X, bien plus riche.
08/20
-the lord (Avril 2004)
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