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INTERLOCK Skinless Remixes (2006) |
LINE UP : Hal Sinden (chant) Christina Gajny (chant) Chris "Static" Dixon (guitare) John Tyrell (guitare+programmation) Syan (basse) Matt Platts (batterie) |
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CHANSONS QUI TUENT : Skinless Skin Graft Miocene |
CHRONIQUEUR : Cosmic Camel Clash (Mai 2006) |
NOTE : 15 / 20 |
L'album de remixes est un art assez pratiqué,qui donne en général lieu à des résultats fort variés. Il faut dire que l'approche détermine pas mal le résultat : Fear Is The Mindkiller ou Remanufacture de Fear Factory étaient des albums qui accentuaient à dessein un côté cyber déjà présent dans la musique du groupe, alors que d'autres se servent du remix et des guests pour transformer complètement leurs compos. Des bouses comme New Old Songs de Limp Bizkit et des réussites comme R.A.F.I's Revenge d'Asian Dub Foundation prouvent bien que le remix est un exercice qui peut déboucher sur du très bon comme du très mauvais en tout cas.
Interlock n'est crédité seul que des deux premiers titres, laissant le reste de l'album dans les mains d'une floppée de guests. Le titre d'entrée Skinless prend au coin du menton d'entrée : ça ressemble à un mix entre néo et brutal-death avec des éléments indus posés par-dessus, ça balance donc correctement. Bien sûr Fear Factory n'est pas loin, mais Interlock a son propre groove et le double chant des très doués Hal (growl) et Christina (chant+growl) permet de créer un résultat qui surprend. Les accélérations gabba -comprendre d'une rapidité inhumaine- à la double pédale que The Berzerker a fait connaître au plus grand nombre ne surprennent pas du tout dans ce contexte et rendent bien. Un bon point pour le groupe donc avec également un Blue plus mélodique mais tout aussi direct et recherché à la foi : comme Eyeless de Slipknot le laissait entrevoir, le rythme dub rapide et les gros riffs font bon ménage, malgré des longueurs dispensables parfois.
Puis il y a les remixes et là, comme on pouvait s'y attendre, il y a de tout. Le titre qui restera sûrement gravé le plus longtemps pour toute personne ayant été obligée de l'écouter en entier est The Meagre Crawl, cinq minutes quarante-trois de souffrance pure orchestrée par Machinochrist. Appelons ça une expérimentation si on veut, mais alterner quelques mélodies à un bruit de marteau-piqueur qui déferle et vous agresse sans cesse ça ressemble à une musique écrite pour taper des bad trips sous l'emprise d'une drogue quelconque, et votre serviteur n'a pas poussé la conscience journalistique jusqu'à tenter l'expérience. A l'exception de ce titre clairement hermétique, on trouve de très bons morceaux de musique, comme la baffe Skin Graft, un titre sur lequel death et hip-hop hardcore se marient (!) pour un résultat pas loin du génial. Il faut entendre le flow brutal-death se posant sur un instrumental de Colt millimétré, c'est un régal inattendu.
Worker And Parasites donne quant à lui dans la musique de dance floor (pensez à la BOF de Mortal Kombat) avant de partir vers l'expérimentation recherchée avec des effets de voix hurlées/scratchées qui en font une bande son parfaite pour une teuf de plombés alignés en rangs d'oignons qui se trémoussent dans un champ. Remiksha a des faux airs de bande-son à la Matrix et exploite bien la dualité vocale, et au rayon recherche Miocene détruit tout. Ce titre de sept minutes monte lentement, enchaîne et lie ambiances éhérées, plans dub ultrarapides pour créer des ambiances de folie, et s'achève sur un passage à cordes qui laisse rêveur. Il reste le final The Feeling Skinned Us et ses ambiances electro-arabisantes qui deviennent malheureusement très vite répétitives (donc potentiellement hypnotiques si on est dans le bon état d'esprit).
Bonne surprise au total, car malgré quelques faiblesses sur certains titres Skinless Remixes est un bon recueil d'exemples de ce que le metal et l'indus peuvent donner quand ils se marient. Les deux titres d'entrée laissent une bonne impression d'Interlock, groupe qui dégage une patate assez conséquente et dont j'attends le prochain album désormais. Les remixes comptent des titres vraiment réussis et les amateurs comme quiconque que le son des machines ne rebute pas devrait trouver un certain attrait à cet album qui s'avère aussi sympathique à écouter avec attention qu'à mettre simplement en musique de fond. A écouter : pour une fois qu'un album de remixes mérite qu'on lui donne sa chance…

