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HURT Vol. 1 (2006) |
LINE UP : J. Loren (chant+guitare+violon) Evan Johns (batterie+piano) Josh Ansley (basse) Paul Spatola (guitare) |
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CHANSONS QUI TUENT : Unkind House Carpenter Overdose |
CHRONIQUEUR : -the lord (Septembre 2006) |
NOTE : 16 / 20 |
Marquer les esprits dès le premier album, ce n'est pas un plaisir réservé aux groupes des années 60 ou 70. Hurt le démontre avec un Vol. 1 aux délices nombreux. Le style oscille entre une sorte de Tool light (Rapture) et un metal/grunge post Alice In Chains, le tout sous le couvert d'une musique extrêmement sombre où la noirceur n'est pas forcément amenée par le violon de J. Loren. Elle est davantage convoyée par un chant écorché, nostalgique, fragile mais toujours vivace. Intelligente et acerbe, la musique de Hurt est complexe, à l'image de son leader qui, poussé par ses parents, était prédisposé à devenir un disciple d'Ingres.
Dans ces conditions, on est assez surpris de ne pas retrouver d'arrangements classiques mettant son instrument fétiche au centre des débats. Au lieu de cela, on retrouve une utilisation sporadique mais efficace du violon (Overdose, Cold Inside) et surtout une science méticuleuse de la composition où chaque mouvement s'imbrique parfaitement dans le précédent, où chaque chanson se nourrit de la dynamique de la précédente pour amener peu à peu l'auditeur dans un état proche de la jouissance au moment où retentissent les arpèges entêtants du monumental House Carpenter. Plus que tout autre, ce morceau symbolise la réussite de Hurt qui parvient à combiner des structures progressives à des passages quasi néo metal tout en faisant sonner l'ensemble avec une facilité déconcertante.
Entre ce final en apothéose dont on n'est pas près de se lasser et l'overture tout en contraste de Shallow, on aura tout le loisir de se plonger dans des textes à la profondeur étonnante et des chansons aux visages multiples (Falls Apart, Unkind). Affichant une confiance et une audace que l'on ne retrouve que rarement chez des "débutants", le quartette enchante par son sens de la construction et la spécificité de son univers musical. Hurt, s'il évite à l'avenir de trop sombrer dans un pathos qui ne le sied point (Losing) et muscle quelque peu ses parties heavy (Danse Russe, Dirty), semble parti pour réaliser une carrière aussi brillante que glauque.

