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Dans
la série « je te mets minable en quatre leçons », je
demande ce MCD d’Henker. Le groupe de région parisienne qui
monte pratique un brutal death (eux parlent de « power
death ») proprement bluffant de maîtrise et aligne sur
cette galette quatre titres assassins qui réjouiront tout amateur
de death metal technique. Découverts par votre serviteur sur scène,
les six bourreaux d’Henker sont destinés à aller loin…Il est rare qu’un groupe de métal français
aligne en son sein un musicien de classe mondiale, et Henker fait
partie de ces happy fews. Fans de Cryptopsy et Kataklysm préparez-vous
à prendre une baffe: Morgan est un batteur totalement hallucinant
dont la maîtrise de la double pédale le place à égalité avec
des références telles que les batteurs des deux groupes précités,
ou encore des « petits joueurs » tels que Gene Hoglan
ou Raymond Herrera. Blast-beats psychotiques, attaques saccadées,
cascades de double à des tempos inhumains, il faudra à certains
un gros effort pour admettre qu’il s’agit là d’un batteur
humain et pas d’une machine programmée. Si je n’avais pas
vu l’homme de mes yeux en live je n’y aurais pas cru moi-même.
Il faut dire que le son de batterie très métallique et « synthétique »
privilégié par le groupe (on pense là encore à Kataklysm)
pousse dans cette direction… En tout cas la production des
autres instruments est irréprochable et cette première maquette
jouit d’un son énorme et très pro. Et comme le brutal death
technique ne supporte pas les prods approximatives c’est tant
mieux… En ce qui concerne les quatre compos de ce MCD,
un seul mot me vient à l’esprit: déferlante. C’est une déferlante
de violence maîtrisée qu’on se prend en pleine poire, et
c’est jouissif au possible. Les guitares suivent avec joie les
attaques de double-pédale de Morgan, et l’ami Frantz est un
excellent hurleur death dont le growl, s’il ne descend pas dans
les profondeur d’un Chris Barnes ou d’un Karl Willets, dégouline
littéralement de haine et est suffisamment modulé pour qu’on
ne s’en lasse pas. A certains moments on arrive même à
comprendre ce qu’il dit, ce qui est la marque des grands
hurleurs! La musique du groupe est de plus pensée et construite:
chaque titre est anti-linéaire et jouit d’une construction
alambiquée truffée de breaks, avec juste ce qu’il faut de
riffs récurrents pour que ça ne soit pas juste bordélique. Les
blasts nihilistes s’enchaînent aux passages start-stop dégoûtants
de puissance et de maîtrise, aux parties syncopées et mêmes à
de timides incursions de mélodie qui scotchent au siège.
Impressionnant! Si le premier titre Joy To Kill peut rappeler
The Berzerker dans son côté totalement inhumain, Life Is Pain se
base sur des alternances blasts-contretemps qui dégagent un
groove totalement inattendu et salvateur: ce n’est pas tous les
jours qu’on écoute du brutal death sans concession qui fait
secouer la tête! Equal Face To Death développe un feeling encore
différent qui renvoie parfois à Fear Factory dans
l’utilisation des riffs salves pour ensuite évoquer Cannibal
Corpse. Enfin le morceau-titre Henker est totalement à
part:construit autour d’un riff syncopé presque ambiancé qui détruit
tout en live; rythmiquement cinglée, moins complexe que ses
pairs, cette chanson sent la compo de début de carrière et son
break central thrashcore décoiffe sérieusement. Il ne manque à
Henker pour entrer dans la cour des grands (et avoir une meilleure
note sur ce site) qu’à se démarquer encore un peu plus des
influences citées dans cette chronique, mais il est clair que
cette formation est la plus prometteuse dans son genre que j’ai
entendue, en France ou ailleurs. Effroyablement technique, inspiré,
brutal, varié, cet EP est un must-have pour les fans de death
metal. Ruez-vous dessus!
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