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En cette fin d'année
les concerts de heavy metal s'enchaînent à l'Elysée Montmartre. Après
Gamma Ray et Nocturnal Rites, Hammerfall et Stratovarius, c'est
Helloween et Primal Fear qui se produisent le 11 décembre.
Une belle soirée en perspective d'autant plus que les métalleux se
sont déplaçé en masse: l'Elysée Montmartre fait salle comble.
L'organisation laisse à désirer. Les portes n'ouvrent qu'à 18h30
et certains videurs se montrent franchement désagréables. Le
premier groupe de la soirée, Jaded Heart, commence aussitôt son
show alors que les trois quarts des spectateurs sont encore à l'extèrieur.
Jaded Heart fait figure d'amuse gueule: son hard rock mélodique est
certes sympathique mais bien trop quelconque. Le groupe ne parvient
pas à proposer de morceaux réellement accrocheurs. Une petite
demi-heure et Jaded Heart s'en va, c'est alors qu'arrive le premier
gros morceau de la soirée: les Allemands de Primal Fear. Le
chanteur bodybuildé Ralf Scheepers et le bucheron de bassiste Matt
Sinner arrivent sur scène: le ton est donné, Primal Fear est là
pour jouer du heavy metal pur et dur, à ce niveau on ne va pas être
déçu.
Le
groupe commence son show avec les deux premiers morceaux de son dernier album
Seven Seals. Ils enchaineront ensuite sur une série
de classique auxquels il faut ajouter deux autres morceaux issus du
dernier album: Seven Seals et Diabolus, des morceaux assez atypiques
pour le groupe, d'habitude adepte d'un heavy metal simple et direct
hérité de Judas Priest. Visiblement le groupe était attendu vu la
réaction des nombreux fans présents, chantant en choeur les
refrains. Ralf Scheepers l'ex chanteur de Gamma Ray se
révèle magistral: il enchaîne screaming sur screaming avec une
facilité déconcertante. Sa performance technique est hors du
commun et il offrira sans conteste la prestation vocale la plus
impressionnante de cette soirée. Un petit bémol cependant: sur scène
sa ressemblance avec Rob Halford est encore plus prononcé que sur
album, d'autant plus que Scheepers a de nombreuses attitudes scéniques
similaires au metal god anglais. Son jeu de scène robotique pourra
ne pas plaire à tout le monde mais il colle bien à ce type de
musique martiale et sans concession. Le concert s'achève sur un hymne à la gloire du heavy metal:
Metal Is Forever, morceau redoutable. Le heavy metal est éternel qu'ils
disent? Avec des groupes comme eux on est forcés de le croire!
Après un entracte où l'on a pu entendre des morceaux de Ozzy
Osbourne et Gary Moore c'est un hymne bien connu, For Those About To
Rock d'AC/DC, qui se charge de servir de prologue au clou de la soirée:
Helloween. Le public est en effervescence. Mais ce ne sont pas les Australiens mais bien les anciens du
speed mélodique qui se présentent
ce soir. Et les citrouilles n'ont pas choisi la facilité vu que
c'est avec une pièce énorme de treize minutes qu'ils ouvrent le
concert: The King For A 1000 Days! Début surprenant donc mais
tellement jouissif! Ce morceau passe sans problème l'épreuve de la
scéne et se révèle être un trés grand moment.
Une fois ce pavé terminé le groupe enchaîne sur le classique éternel:
Eagle Fly Free. De quoi achever les fans dès le début du concert.
Les Allemands joueront en tout six morceaux des Keepers, dont A Tale
That Wasn't Right (plutôt rare) et un autre grand pavé
inoubliable du groupe: The Keeper Of The Seven Keys, peut être le
meilleur moment du concert. Cependant le reste de la setlist est
moins consensuel. Le groupe ne jouera qu'un seul autre morceau du
nouvel album: Occasion Avenue, titre sur lequel les avis sont
partagés. Parmi les ceux de l'époque Deris seul Power est à
la hauteur des anciens. On ne verra pas l'ombre
ce soir des excellents Soul Survivor ou autre Falling Higher.
La performance du groupe fut fort honorable. Andi Deris (qui
ressemble beaucoup à Biff Byford de Saxon) a une voix doté d'une
personnalité indéniable. Sa performance fut trés bonne surtout
quand on sait qu'il était malade la veille (le concert d'Anvers fut
d'ailleurs annulé). Markus Grosskopf est lui très joyeux et
souriant contrairement à un Sascha Gerstner terne et dénué de
charisme. Quant à Michael Weikath ce mec est délirant: il ne
cessera de faire de l'autodérision durant tout le concert, même
pendant la traditionnelle présentation des musiciens où il prendra
le micro pour chanter un solo de guitare ridicule, on aime ou pas
mais ça a le mérite d'être loin des standards habituels. Le groupe
fera à de nombreuses reprises participer le public, notamment sur
le dernier morceau avant le rappel: Future World. On aura droit aux
inévitables solo de batterie et de guitare, mais à la Helloween:
c'est à dire totalement fun! En effet le batteur sera rejoint par
Markus Grosskopf armé d'une mini-batterie, c'est alors qu'ils
entameront un battle drum ridicule et bourré d'humour qui se
soldera par la défaite inévitable du bassiste des citrouilles. Le
groupe fera la même chose pour le solo de guitare, Sascha Gerstner
sera rejoint par le batteur armé d'une guitare playschool, il sera
vaincu par la guitare elle-même. Le solo de Gerstner fut par contre
totalement dépourvu de feeling et proche d'une bouillie sonore.
Venons-en à ce qui reste la plus grosse déception de la soirée:
le rappel. Seulement constitué de deux morceaux, celui-ci est expédié
à la va-vite. La version de I Want Out est bien molle et le riff de
Kai Hansen est massacré par les citrouilles. D'autant plus que la
version donnée par Gamma Ray quelques semaines plus tôt dans cette
même salle était bien meilleure. Dr Stein est mieux interprété
mais les fameux orgues furent absents. Ce concert d'Helloween fut à
l'image de la discographie du groupe: en dents de scie. Les moments
de faiblesse n'ont pas pour autant occulté les grands moments du
concert. Finalement cette soirée fut un grand moment à la gloire
du heavy metal.
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