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Près
de vingt ans après les deux premiers volets du Keeper Of The Seven
Keys, il fallait oser sortir une suite. Pourquoi? Pour une tonne de
raisons. Parce que ces deux albums constituent la fondation du speed
metal qui a connu son apogée dans la seconde moitié des années
90... Parce que Michael Kiske chantait sur ces deux disques et qu'il
ne fait plus partie du line-up depuis 1993... Parce que Helloween,
après un nombre incroyable de changements de musiciens, ne joue
plus la même musique qu'en 1987... La liste est longue. Alors
qu'est-ce qui, dans ces conditions, a poussé le quintette à nommer
son nouveau bébé Keeper Of The Seven Keys: The Legacy? A en croire
Michael Weikath, ce serait une confiance aveugle dans les morceaux
composés considérés par le groupe comme leurs meilleurs depuis
ceux de Master Of The Rings sortis en 1994. A l'écoute de ce long
album, on pourra peut-être les accuser d'embellir la vérité mais
certainement pas d'avoir tort sur le fond.
Keeper Of The Seven Keys: The Legacy est ambitieux et n'hésite
pas à mettre le paquet avec orchestrations, chorale et chant
féminin. Tous les passages obligés de ce genre d'albums de nos
jours. Mais Helloween a du métier et incorpore tout cela très bien
à sa compotte de citrouilles sans abuser de ces techniques
artificielles pour relever l'intérêt d'albums fades. Light The Universe est ainsi un duo
superbement mené entre Deris et Candice Night, la compagne de
Ritchie Blackmore qui sévit dans Blackmore's Night. Et les deux
chansons épiques de plus de dix minutes, The King For A 1000 Years
et Occasion Avenue, sont concluantes. La première est vraiment
superbe d'ailleurs et ouvre l'album en force par des couplets qui
tirent partie du chant fulgurant d'Andi Deris. Déroutante au
départ, elle se révèle au fil du temps et bien qu'elle n'égale
sans doute pas Keeper Of The Seven Keys ou Halloween, elle n'en est
pas bien loin en termes de justesse et d'intensité.
Occasion Avenue est légèrement en demi teinte, en
revanche, et ne justifie pas les onze minutes accordées par le
groupe allemand. Il est toutefois intelligent d'avoir utilisé une
atmosphère un peu plus sombre sur ce titre sérieux ce qui peut
rappeler quelque peu la démarche de The Dark Ride. Les onze autres chansons alternent les titres faciles, presque radio
friendly, comme Mrs. God (qui énerve un brin à la longue), Come Alive,
Get It Up ou The Shade In The Shadows
avec d'autres plus progressifs et/ou plus heavy dans la lignée de
ce qui était présenté sur Master Of The Rings avec The Invisible
Man, My Life For One More Day, Do You Know What You're Fighting For ou Pleasure Drone.
Un grand soin a été apporté à l'ensemble des morceaux à
tel point qu'on comprend la volonté de les garder tous, quitte à
les répartir sur deux disques. Même si Helloween n'est plus aussi
leader de tendance (on entend du Gamma Ray sur The Invisible et du
Stratovarius sur Born On Judgement Day), on passe l'éponge car au
niveau des mélodies le groupe sait toujours s'y prendre. Le seul
problème majeur concerne en fait l'ensemble des septante-sept
minutes: les soli de guitare déjà en net déclin sur Rabbits Don't
Come Easy sont ici bien pauvres. Quand on se rappelle ce dont était
capable Helloween sur les deux premiers Keepers ou surtout sur
l'album The Time Of The Oath, on a de quoi réclamer le
remboursement de son album! Keeper Of The Seven Keys: The Legacy
n'est satisfaisant de ce point de vue là que sur The King For A
1000 Years, er encore...
Mais cette vraie-fausse double galette
a de quoi tenir la dragée haute a bien de simili groupes de speed
qui sévissent depuis quelque temps. Keeper Of The Seven Keys: The Legacy
était l'album dont avait besoin Helloween pour regagner la
crédilité qu'il avait injustement perdu avec son album incompris
(The Dark Ride) et son disque de transition (Rabbits Don't Come
Easy). Andi Deris, Michael Weikath, Markus Großkopf et les petits
loups n'ont pas manqué leur rendez-vous avec l'histoire.
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