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Les puristes doivent s'y faire: Michael Kiske a bel et bien
deserté l'équipe des citrouilles. Et quoi de mieux qu'un live, mêlant
classiques et nouveau matériel, pour établir le nouveau line-up
d'Helloween comme définitif? Les deux albums sortis avec Andreas
Deris au micro, Master Of The Rings et Time Of The Oath, ont peut-être
déplu à certains true fans, mais on ne peut rien enlever à leur
qualité certaine. La sortie de ce High Live paraît donc logique.
Sur ce double CD joliment soigné par ailleurs, c'est le témoignage
d'un groupe de nouveau sur les rails après quelques annéees
d'incertitude qui brille.
Andi Deris vient de Pink Cream 69, d'où lui vient ce que l'on perçoit,
dans ses compositions comme dans son chant, une "hard FM
touch" des plus sympathiques. Les deux albums pré-cités
l'ont bien démontré. L'enjeu était surtout, pour lui, de
prouver qu'il était à même de remplacer Monsieur Kiske sur scène,
tout de même le domaine de prédilection des citrouilles. De ce côté,
aucun souci: ce live est très vivant, Andi semble très à
l'aise dans sa communication avec le public, et fait preuve d'une
énergie très communicative. Il faut l'entendre pousser la foule
dans ses derniers retranchements pendant "Power" ou
"We Burn"... Certes, tous ces moments forts du show sont
préparés à l'avance, mais le résultat paraît si naturel et
tombe si bien qu'on en oublie les motivations premières. On peut
reprocher à Andi d'avoir quelque peu "corrompu" les
citrouilles en faisant valoir son attitude et sa gueule de
rock-star pour midinettes, mais son jeu de scène frise l'irréprochable.
Pour ce qui est des morceaux en eux-mêmes, il est certain que,
ayant un timbre différent de celui de Michael Kiske, les
"Eagle, Fly Free", "Dr Stein" ou "Future
World" changent de tête. Les classiques d'Helloween ne
peuvent pas ne pas apparaître dans un de leurs concerts, aussi on
a une petite pensée nostalgique à l'écoute de ces monuments, même
si l'interprétation de Helloween nouvelle mouture n'est pas sans
qualité... C'est évidemment vers Deris que tous se tournent en
1996, et c'est à lui que je pense. Les autres, bien rôdés, maîtrisent
leur sujet à merveille; en particulier Uli Kusch et Markus
Grosskopf, fournissant une section rythmique infernale, qu'en dépit
de quelques défauts de production de batterie dûs à l'exercice
live, on ne peut que saluer. Les gratteux ne sont pas en reste, et
les parties instrumentales des extraits de Time Of The Oath
conservent leur magie intacte ("Wake Up The Mountain",
"Steel Tormentor", "Before The War", et
d'autres encore).
Que dire d'autre, sinon que les extraits de Master Of The Rings
passent également de façon magistrale le cap de la scène...
"Where The Rain Grows", "Mr Ego",
"Perfect Gentleman", ou même la ballade "In The
Middle Of A Heartbeat", qu'Andi interprète seul face au
public, guitare en main... Ces chansons ne sont pas les meilleures
d'Helloween, cela ne fait aucun doute. Mais le groupe découvre,
sans renier son glorieux passé, son nouveau visage, pour lequel
l'arrivée d'Andi Deris a été déterminant. Si bien qu'à l'époque
de ce live, Helloween est parvenu à redevenir un combo influent.
Il s'attachera par la suite, avec plus ou moins de succès, soit
à se rapprocher de ses racines (Rabbits Don't Come Easy, Keeper
Of The Seven Keys: The Legacy...) soit au contraire à s'en éloigner
(Better Than Raw, The Dark Ride), alors qu'il nous livre ici un
compromis idéal. Essai concluant, bienvenue à Andi.RETOUR
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