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Après
leur signature chez Steamhammer/SPV, Hatesphere avait rapidement
sorti un EP (The Killing) pour nous annoncer qu'ils allaient être
très présents dans les mois à venir que ce soit avec leur nouvel
album, The Sickness Within, ou en tournées européennes avec Dark
Tranquillity/Kreator puis avec
Soilwork. Malheureusement, The Killing avait fait un bide énorme en
dehors de la jolie reprise de Suicidal Tendancies. Les géniteurs du
sympathique Ballet Of The Brute avait montré d'inquiétants signes
de faiblesse que l'on espérait voir corrigés sur leur LP. Si on
peut dire que les onze compositions y sont d'un niveau très
légèrement supérieur,
elles demeurent terriblement décevantes et dénuées de toute
marque de fabrique.
L'école danoise avait mis sur le marché
des albums assez incroyables en 2003 et 2004 mais Hatesphere n'a pas
réussi à surfer sur la vague. Pire avec ce The Sickness Within, le
groupe semble totalement dépassé par les formations américaines
qui pratiquent un thrash/death/hardcore mille fois plus créatif.
Certes, Hatesphere n'a pas grand chose d'hardcore mais même ses relents
death et thrash ne sont guère marquants à l'exception des passages
les plus violents. Les riffs sont généralement plats et trop
répétitifs, les
soli sont chaotiques et peu originaux, le chant est hargneux mais
moins mélodique qu'il ne souhaiterait l'être. Hatesphere abandonne
grandement le chant clair de peur de réitérer les
"exploits" passés et ce n'est pas plus mal.
Quand on compare la musique de The Sickness Within
avec par exemple celle de Trivium sur Ascendancy, il est bien difficile de
trouver des domaines où Hatesphere surpasse la concurrence. Le
niveau technique des musiciens est correct mais sans plus, la
production est bonne mais pas à la hauteur des standards US, les
compositions sont directes mais incroyablement ennuyeuses, etc. On a
la triste impression que tout ce qu'entreprend Hatesphere a déjà
été testé et approuvé en mieux par des formations telles que
Trivium, Soilwork ou Killswitch Engage pour leurs penchants les plus modernes
ou par Slayer pour leurs sonorités plus classiques (Marked By
Darkness et ses couplets le prouvent). Et quand on sait que cette scène thrash/death est
certainement la plus féconde en ce moment, il faut de sacrées
doses de testostérone et d'originalité pour parvenir à marquer
les esprits.
Or, à la fin d'une écoute de The Sickness Within,
il ne reste pas grand chose de plus qu'un sentiment d'avoir eu trois
quarts d'heure pour headbanguer à pleine puissance. Vous me direz
que ce n'est déjà pas mal et si vous cherchez une excuse pour vous
démonter le cou, The Sickness Within remplira sans faillir son
rôle. Mais on nous ôtera difficilement de l'idée que ces onze chansons
ont été gravées pour pouvoir aller le plus rapidement possible
sur la route, un endroit où Hatesphere est généralement nettement
plus à son avantage pour faire briller son death trashy. Cela en
dit long sur la simplicité des morceaux proposés ici...
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