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Parti il y a un bon
bout de temps de Morbid Angel, Erik Rutan a peaufiné en l'espace de
trois albums le brutal death de son nouveau projet Hate Eternal.
Accompagné par un autre éminent personnage de la scène, Derek
Roddy (naguère chez Nile, Malevolent Creation, Divine Empire…) et
un parfait inconnu à la quatre-cordes. Sans concessions, technique
et moderne, I, Monarch est certainement voué à occuper une place
de choix dans leur discographie. Sans apporter de changements
renversants, le groupe a su livrer un album personnel et de qualité,
empreint d'une subtilité et d'atmosphères lui épargnant la
banalité.
La première chose qui saute aux oreilles, c'est
qu'ils ne sont pas avares de blast beats! Seul le dernier titre est
épargné par la déferlante supersonique de Derek, ce qui est
compensé par de magnifiques rythmes assurés par une grosse caisse
en rafale. Les transitions entre passages très rapides et riffs
plus lents et glauques se font avec la brutalité et la complexité
technique propre au style, mais le groupe a quand même ce don de
proposer malgré cela des compositions cohérentes et non pas un
assemblage chaotique de riffs. Ca ne veut pas dire pour autant que
l'album est très digeste et n'échappe pas à quelques moments où
l'on éprouve un peu de lassitude en étant pris sous cette
avalanche de brutalité.
Le son est à l'image de l'album, très moderne,
certains pourront le trouver trop clinique et froid, mais ce qu'on
ne peut pas nier, c'est que le spectre sonore est bien rempli et les
instruments parfaitement audibles. On peut donc profiter pleinement
la technicité impressionnante de ce "power-trio" qui
toutefois ne mise pas forcément tout sur cet élément tape
à l'œil (mais pas vraiment fondamental pour faire un bon album).
Les solos sont réduits à leur strict minimum, souvent assez
simples, mais toujours dans l'esprit dissonant et mystique des
compositions (même si l'on croit presque entendre des influences néoclassiques
dans l'instrumental Faceless One).
Car en plus du chanteur et de quelques riffs,
Hate Eternal a hérité de Morbid Angel cette capacité à instaurer
de véritables ambiances, chose rare pour les albums de brutal death
qui se contentent en général de marteler le cerveau sur fond de
baragouinage. Pour compléter son aspect mystérieux, le groupe se
fend d'une petite touche ethnique très en vogue, et marque assurément
des points, que ce soit avec les didjéridoo sur To Know Your
Enemies, les psalmodies de l'outro du titre éponyme ou les
percussions tribales de Sons Of Darkness. Pour clore l'album, le
groupe change un peu de style, et livre une composition rappelant
fortement le groupe Death période Individual Thought Patterns tout
en arrivant à rester dans la continuité des titres précédents.
Un album de Brutal Death (oui oui, avec des
majuscules) que l'on pourra trouver un brin monolithique, mais qui
reste assurément une des grosses sorties du genre de cette année
aux côtés des méfaits de Nile et Divine Empire.
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