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Merci Hammer Of Gones pour l’organisation de ce cinquième festival de violence Hammer Smashed Fest à Lyon (au CCO de Villeurbanne), avec à l’affiche Forgotten Tomb, Kronos, Ultra Vomit, Act Of God, Cesspit et Evohe. Après une petite entrevue avec Herr Morbid de la tête d’affiche italienne Forgotten Tomb, placée sous le signe du désespoir, de la négativité et du mal-être, la fête peut commencer. Tout se passe dans la salle du CCO, assez bien proportionnée pour les 200-250 métalleux présents ce soir du 18 septembre 2004.
Vu les
groupes à l’affiche, il convenait évidemment pour tous ceux présents de
sortir les grosses New Rocks, les pantalons cuir, les T-shirts affichant son
groupe fétiche et surtout, un bon doigté pour détacher ses beaux et longs
cheveux fraîchement shampouinés. 18H30, la piste est ouverte à Evohe,
groupe de black metal savoyard, qui se trouve devant une salle encore à moitié
vide. Clous et pointes en avant, les blackeux (seul groupe de ce style de la
soirée) se lancent avec efficacité et puissance dans une musique violente et
malsaine, plutôt bien ficelée, avec en remplacement du guitariste un membre
de Nehemah. Les riffs s’enchaînent avec un chant criard particulièrement
puissant. Le black metal satanique parvient à ameuter les gens dans la salle
et se fait soutenir; pour une première partie, le groupe arrive à bien
chauffer l’ambiance.
Une demi-heure plus tard, Cesspit monte sur scène et là
tout de suite, changement de style, changement de public, headbangers et
pogoteurs en avant. La fosse s’anime dès les premières notes, et pas
besoin de connaître, le death/thrash plutôt brutal et gras s’impose avec
un son particulièrement correct. Cesspit joue au public ce qu’il a dans le
ventre, avec son style comique et ultra second degré… Un guitariste aux
allures d’un fou sorti de chambre capitonnée et un chanteur bien dans son
corps affichant un sourire extrême entre chaque morceau, à raconter de quoi
parle le prochain titre (de sperme, de partouses des pompier de Meyzieu…).
Tout va bien pour Cesspit, qui parvient à allumer le public par ce contraste
comique gras et cette efficacité musicale. La fin du show sera d’ailleurs
du meilleur goût, Romain le chanteur quittant son futal pour jouer le dernier
morceau en tenue de cycliste à la « Bruce Dickinson » selon lui. Belle fin
de set, on en aurait aimé plus.
Les lumières font place, Act Of God
s’installe vite, et tout redémarre pour du death/thrash. Cette fois-ci
c’est différent. Le public auparavant enthousiaste se retient un peu,
recule, les pogos se calment aussi. Il faut dire que Act Of God, s’il joue
bien sa musique, dégage moins que les précédents et semble moins
s’investir. De plus le son est étrangement désagréable et confus. Un mur
de guitare nasillarde inécoutable et ultra saturé ralentit la fureur du
public. La batterie est trop forte aussi, ce qui n’arrange rien. Le chanteur
ne semble pas trop dans le coup, sauf lorsqu’il quitte son T-shirt pour
montrer son corps musclé (note de -the lord: ce qui n'a pas manqué
d'émoustiller le petit Coucount). Ouais mais bon on n’est pas venu pour ça donc
on écoute, et le set de Act Of God, sans non plus rencontrer l’aversion
d’un public qui semble le connaître et l’apprécier, sera le groupe qui
parviendra le moins à l'enflammer.
Au tour de Ultra Vomit. La formation groovy death/gore/grind nantaise est déjà
bien connue et le public se rassemble pour un bon moment de délire. Et
c’est effectivement bien quarante minutes de délire que nous offre là Ultra
Vomit. L’humour et la bonne humeur sont au rendez-vous, avec les « wouah
c’est putain brutal ce soir, villeurbaaaaaaaanne ». Les trois membres
foutent complètement le feu avec des compositions courtes, carrées,
brutales, et surtout une présence scénique remarquablement idiote (dans le
bon sens du terme). Tout y est, blagues lourdes, sketchs débiles, reprises
pourries (« bouba »…) et un très bon sens de la prestation scénique,
ainsi qu’une parfaite maîtrise d’un art décadent et violent. Vraiment à
mourir de rire. Le public ne se force pas pour accrocher aux pitreries de
Fetus et l’on finit même le set avec une reprise de Jonnhy Halliday «
Allumer Le Feu » avec une interversion complète des rôles instrumentaux.
Bon, tout s’est très bien déroulé pour ce groupe qui a su foutre la pêche
et le sourire à tout le monde.
Les vosgiens de Kronos arrivent alors sur scène pour asséner leur brutal
death ultra efficace. Pas mal de titres issus de Titan’s Awakening leur
premier album, mais aussi et bien sûr du dernier Colossal Titan’s Strife.
La puissance que dégage le groupe parvient à mobiliser le public. Les pogos
s’enchaînent au rythme des riffs puissants (y en a même un qui s’est pété
le poignet…). Bon, à part quelques soucis de plus au niveau du son (la
guitare électrique de Richard qui finit en acoustique toutes les vingt secondes), le show est sympa. Quelque part, Kristof n’a pas eu la pêche
escomptée, et heureusement que le bassiste était là, réellement
charismatique, jouant le rôle du diablotin. La qualité de jeu des musiciens
est énorme et les riffs s’enchaînent avec professionnalisme, tout comme
les breaks, la grande spécialité de Kronos. Grand moment sur le titre
Mythological Bloodbath, avant de laisser place aux malades de la soirée,
Forgotten Tomb.
Après avoir rencontré Herr Morbid, porte parole et maître à penser du combo
italien, l’envie de voir ce que donne le groupe sur scène avec son black
doom dépressif ne se fait pas prier. Quelques accordages simples, quelques
tests de micro à en faire mourir un mort, et Forgotten Tomb commence. Là, le
public change d’attitude, rien n’est pareil. Si nous avions assisté
auparavant à un déluge de violence, il s’agit là d’un déluge de
pessimisme et de mal être. Forgotten Tomb et surtout Herr Morbid ne jouent
pas leur musique pour les autres, mais bien pour eux, et à voir la mine du
chanteur, tout n’est que souffrance non feinte. Il a suffit d’écouter le
titre Kill Life pour s’en convaincre. Soit réellement le mal-être occupe
cette personne, soit les quelques lignes avant de monter sur scène lui
attribue cette capacité à rendre malade le public.
Pas de pogo, donc, mais
un public attentif et réceptif à la froideur négative du groupe. Le son
sait être très correct, avec un jeu de batterie lourd, propre au doom
expressif. Le groupe vit pleinement sa musique en interprétant des titres de
Songs To Leave, Spring Time Depression et du dernier Love’s Burial Ground.
Pour ceux qui ne connaissent pas, le set peut paraître long, vu que le groupe
joue pendant une heure, et que de la première à la dernière note, les longs
passages dépressifs entrecoupés de passages plus rapides, avec une ambiance
des premiers Katatonia, peut sembler unique, sans distinction. Le jeu de scène
n’a pas besoin d’être élaboré pour ce genre de musique. D’ailleurs
beaucoup s’assoient dans le fond de salle pour simplement écouter…
Au final, ce festival a su attirer pas mal de métalleux locaux dans une
ambiance sympa et violente, mélangeant des styles et un public pas toujours
facilement conciliable. Bonne organisation aussi dans le son, les lights et le
timing des groupes.
Count D