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Cinq ans après un
premier album qui avait fait parler de lui, Hamadryad et son nouveau
line-up signent un nouvel opus, Safe In Conformity. Les Canadiens
montrent avec ce disque un visage différent par rapport à
Conservation Of Mass. En effet, leur ancien chanteur est parti vers
d'autres horizons et a laissé son poste au bassiste Jean-François
Désilets qui avait déjà fait ses "preuves" sur un
morceau du premier album. Ce changement de vocaliste donne une
couleur très vieux Genesis à la musique de Hamadryad (alors que le
précédent album ressemblait plus à du Yes). Et on ne
peut pas dire que les quatre nord Américains essaient d'explorer
d'autres horizons avec leurs arrangements instrumentaux... Safe In
Conformity sera ancré dans le rock progressif des années 70 ou ne
sera pas!
Le groupe peut compter sur un guitariste et un
claviériste de grande qualité. Ils se partagent les moments de
bravoure sans toutefois jouer la carte de la technicité à tout va.
Cela n'empêche nullement Denis Jalbert de faire montre d'un talent
appréciable sur des titres comme Frail Purpose et Sunburnt où son
touché fait des merveilles. Tout ici est fait pour rappeler le style pratiqué sur The Lamb Lies
Down On Broadway, de l'utilisation prononcée des arpèges de
guitare à la stridence du chant. S'il n'y avait pas un problème
majeur, un morceau comme Self Made Men aurait sans mal pu figurer
sur un des trois vinyles du chef d'oeuvre de Genesis...
Car Hamadryad
souffre d'une lacune qui l'empêche de concrétiser ses ambitions:
le chant. Pour se faire une idée de celui-ci, il faut imaginer le
Peter Gabriel de l'époque en train de très labourieusement
apprendre le chant... Le jeu de basse de Jean-François
Désilets ne souffre d'aucune faute qui pertube l'auditeur mais
son style de chant est très difficilement supportable tant il est
amateur et dépourvu de toute générosité. Sans jamais moduler sa
voix, il ne permet pas aux compositions d'avoir cette justesse dans
les mélodies par ailleurs plutôt appuyées. Cela est vraiment dommage car les idées présentes
dans la musique ne sont pas soutenues comme elles le devraient. Par
conséquent, on s'ennuie au bout de cinq ou six titres, l'ensemble
n'étant pas assez différencié pour séduire sur toute la
longueur.
Il paraît toutefois évident que les amateurs de
rock progressif à l'ancienne devraient apprécier cet album tant
tout est fait pour que ceux-ci s'y sentent bien. Ceux qui
préfèrent des groupes comme Spock's Beard ou Shadow Gallery qui
n'hésitent pas à inclure des éléments plus modernes dans une
musique à forte base seventies ne verront en Hamadryad rien de plus
qu'un tribute band au passé. Lorsqu'on sait que Jean-François et
Denis ont formé la première mouture de leur groupe en jouant des
reprises de Rush, on ne sera au final pas tellement surpris.
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