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Ce soir c'est le folk
dans tous ses états au Café De La Danse.
Le folk instrumental tout
d'abord avec Sir Richard Bishop (Sun City Girls). Seul avec sa
guitare, le musicien improvise à tour de bras autour de thèmes
récurrents montant en intensité au fil de longues minutes où le
psychédélisme guette à chaque instant. Les deux premiers morceaux joués furent
absolument exemplaires et ont gagné l'attention d'un public encore
très clairsemé (cent personnes à tout casser). Et bien que le
suivant fut infiniment trop long et redondant, Sir Richard Bishop a
réussi à hypnotiser des spectateurs pas forcément à la page de
son folk improvisé et technique. Une jolie performance qui donnera
envie de se pencher sur son album Improvika.
Le folk d'attardés ensuite avec
Espers tout droit sorti de Philadelphie.
Quelle expérience unique... Certains groupes montent sur scène
pour faire rire car leur musique ou leur attitude est drôle; bref
parce qu'ils maîtrisent la parodie et/ou le second degré. Le
public riait en effet à l'écoute d'Espers sauf que le combo était
tout ce qu'il y a de plus sérieux dans sa démarche. Heureusement
toutes les tomates ont été confisquées à l'entrée de la salle
par les videurs en prévision de ce qu'Espers allait mériter...
AUCUN des musiciens ne savaient jouer de son instrument et ils
comptaient tous le prouver à renforts de fausses notes, de
bruitages à côté de la plaque et d'instruments plus improbables
les uns que les autres (flûte, violocelle etc). Devant leur bide
total et entièrement justifié, le leader déclarera: "L'imporance
c'est de s'amuser, non?" Aucun sentiment de honte, donc, à
voler ainsi plus de trois-quarts de musique qui auraient été mieux
employés par les autres artistes de l'affiche.
Le folk urbain, enfin, avec Gravenhurst.
Difficile de faire retomber le niveau après les horribles
Américains. Le trio va distiller son folk/post rock une heure
durant (concert raccourci à cause d'un malheureux couvre-feu)
devant un parterre de fans nettement plus compact que pour les
premières parties. Statiques comme des défenseurs du PSG, les
trois musiciens n'ont pas pour priorité de mettre le feu sur
scène. Huw Cooksley reste toujours dos au public et face à son
batteur Dave Collingwood tandis que le leader Nick Talbot demeure
planqué derrière son pied de micro. Cela donne lieu à un concert
sage (y avait-il même des lights?) contrastant avec la furie de
certaines parties musicales. Malgré la qualité technique de la
prestation offerte et la puissance intrinsèque de la musique, on
reste tout de même assez déçu par l'absence de générosité et
la timidité du trio. Le tir sera en partie corrigé lors d'un
rappel a cappela de Nick Talbot au cours duquel la splendide reprise
d'Husker Dü (Diane) a clôt la soirée de façon poignante et
intimiste. Le folk urbain a vaincu.
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