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Gravenhurst - Live au Café De La Danse (Paris)
05 mars 2006
par -the lord

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Ce soir c'est le folk dans tous ses états au Café De La Danse.

Le folk instrumental tout d'abord avec Sir Richard Bishop (Sun City Girls). Seul avec sa guitare, le musicien improvise à tour de bras autour de thèmes récurrents montant en intensité au fil de longues minutes où le psychédélisme guette à chaque instant. Les deux premiers morceaux joués furent absolument exemplaires et ont gagné l'attention d'un public encore très clairsemé (cent personnes à tout casser). Et bien que le suivant fut infiniment trop long et redondant, Sir Richard Bishop a réussi à hypnotiser des spectateurs pas forcément à la page de son folk improvisé et technique. Une jolie performance qui donnera envie de se pencher sur son album Improvika.

Le folk d'attardés ensuite avec Espers tout droit sorti de Philadelphie. Quelle expérience unique... Certains groupes montent sur scène pour faire rire car leur musique ou leur attitude est drôle; bref parce qu'ils maîtrisent la parodie et/ou le second degré. Le public riait en effet à l'écoute d'Espers sauf que le combo était tout ce qu'il y a de plus sérieux dans sa démarche. Heureusement toutes les tomates ont été confisquées à l'entrée de la salle par les videurs en prévision de ce qu'Espers allait mériter... AUCUN des musiciens ne savaient jouer de son instrument et ils comptaient tous le prouver à renforts de fausses notes, de bruitages à côté de la plaque et d'instruments plus improbables les uns que les autres (flûte, violocelle etc). Devant leur bide total et entièrement justifié, le leader déclarera: "L'imporance c'est de s'amuser, non?" Aucun sentiment de honte, donc, à voler ainsi plus de trois-quarts de musique qui auraient été mieux employés par les autres artistes de l'affiche.

Le folk urbain, enfin, avec Gravenhurst. Difficile de faire retomber le niveau après les horribles Américains. Le trio va distiller son folk/post rock une heure durant (concert raccourci à cause d'un malheureux couvre-feu) devant un parterre de fans nettement plus compact que pour les premières parties. Statiques comme des défenseurs du PSG, les trois musiciens n'ont pas pour priorité de mettre le feu sur scène. Huw Cooksley reste toujours dos au public et face à son batteur Dave Collingwood tandis que le leader Nick Talbot demeure planqué derrière son pied de micro. Cela donne lieu à un concert sage (y avait-il même des lights?) contrastant avec la furie de certaines parties musicales. Malgré la qualité technique de la prestation offerte et la puissance intrinsèque de la musique, on reste tout de même assez déçu par l'absence de générosité et la timidité du trio. Le tir sera en partie corrigé lors d'un rappel a cappela de Nick Talbot au cours duquel la splendide reprise d'Husker Dü (Diane) a clôt la soirée de façon poignante et intimiste. Le folk urbain a vaincu.

 

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