|
De plus en plus
populaire par chez nous (allant même jusqu'à faire les couvertures
de magazines spécialisés), Gojira commence même à s'exporter
comme en témoignent les deux dates espagnoles très remarquées et
effectuées en première partie d'Arch Enemy. Il faut dire que From
Mars To Sirius a vraiment tout de l'album fédérateur: intelligent
et nuancé comme un disque de prog, énergique et brut comme du
hardcore, violent et intense comme du death, il est tout cela à la
fois mais il est avant tout une preuve irréfutable que les groupes
de metal français peuvent faire autre chose que subir le dictat
artistique de
leurs homologues anglais, allemands et scandinaves...
Pour constater
ce que le groupe peut rendre sur scène, rien de tel qu'un petit
détour par l'Elysée Montmartre. Affichant complet, la salle
accueillait tout d'abord Textures, formation donnant dans un hardcore
extrême bien plus rythmique que rythmé. Taillée pour le live, leur
musique fut relativement agréable, bien éxécutée et pas trop
éloignée de ce que propose Gojira malgré un chanteur ne sachant
vraissemblablement pas faire autre chose que de crier sans nuance.
Pourtant le public ne se montra pas très chaud et réceptif à leur
hargne, daignant simplement les applaudir sur les derniers morceaux
et ainsi faire comprendre à Gojira que c'était bien le groupe
français que tout le monde attendait.
Sobre et puissant, le lézard allait être fidèle à sa réputation.
Dominés par un écran géant utilisé modérément, les quatre
Basques semblent assez intimidés. Une impression quine s'estompera
jamais mais qui ne les empêchera pas de dérouler un set carré
pachydermique.
Manquant encore de charisme et de facultés communicatives, Gojira
se montre en revanche redoutable instrumentalement. Section
rythmique, guitare, chant, tout est parfaitement en place et
superbement rendu aux spectateurs par un son impressionnant de
clarté compte tenu de la violence véhiculée.
Même si on s'ennuie
autant à regarder le groupe sur scène qu'une course d'escargots,
leur musique est nettement plus entraînante en concert que sur
disque. Cela est particulièrement vrai pour les nombreux extraits
des deux premiers albums qui sonnent aujourd'hui aussi aboutis que
leurs nouvelles compositions. Pourtant ce seront bel et bien les
morceaux de From Mars To Sirius qui feront chavirer le public, en
particulier Flying Whales, leur plus accompli. Gojira, à force de
tourner, est devenu une sacrée machine de guerre. On lui demandera
juste de retrouver un peu d'humanité, de spontanéité et de
convivialité car sans cela le groupe prend un air élitiste qui ne
lui sied pas spécialement.
|