-the
lord : On utilise souvent le terme « white soul »
pour décrire ta musique. Tu es d’accord avec cette étiquette,
à défaut de mieux ?
Glenn Hughes
(chant+basse) : Oui c’est vrai qu’on a toujours appelé ma
musique comme cela ! Je pense que ce n’est pas pire
qu’autre chose. En effet, mes racines sont à trouver dans la
musique noire américaine. Vers quinze ans, alors que j’écoutais
surtout The Beatles, je me suis penché sur des artistes comme
Stevie Wonder, Otis Reading ou Marvin Gaye. Mais j’ai grandi en
Angleterre avec des groupes comme Led Zeppelin, Deep Purple ou
Black Sabbath donc du coup j’ai également un passé hard rock.
Prends tous les artistes que je viens de te mentionner et tu
obtiens ce que fait Glenn Hughes.
-the
lord : Est-ce que l’étiquette est encore valable
aujourd’hui, à ton avis ?
Glenn Hughes :
Bonne question. Je pense qu’à chaque nouvel album, depuis
quarante ans, j’écris de la musique assez ancrée dans l’année
de sa parution. C’est donc pour cela qu’il n’y a aucune
chance que j’écrive un titre comme Burn en 2006 car je compose
en suivant mon cœur.
-the
lord : Comment expliques-tu qu’après quarante ans
de carrière tu sois encore aussi créatif ? En effet,
beaucoup de gloires des années 60 ou 70 se contentent
aujourd’hui de publier des albums médiocres et/ou de juger
leurs classiques sur scène à longueur de temps…
Glenn Hughes :
Je veux que tous les Français sachent ceci à propos de Glenn
Hughes : je ne vis pas dans la nostalgie et je ne me nourris
pas du passé. Pour un artiste qui est encore créatif, adopter ce
genre d’attitude est fatal. J’aime enregistrer de nouveaux
albums, collaborer avec de nombreux musiciens et à chaque
rencontre on me pousse à donner le meilleur de moi-même. C’est
pour cette raison que sur Music For The Divine j’ai travaillé
avec John Frusciante et Chad Smith : j’aurais pu bosser
avec des musiciens des années 70 mais cela aurait été un peu
trop évident. Collaborer avec des musiciens de la scène actuelle
est nettement plus excitant. Evidemment il y a plein de « vieux »
comme Brian May que j’adore mais je préfère aller de l’avant
et ne pas simplement être jugé sur ce que j’ai fait il y a
trente ans…
-the
lord : Beaucoup de gens t’associent simplement à
Deep Purple ?
Glenn Hughes :
Oui ! Et quand cela arrive je dois toujours leur rappeler que
c’était il y a trente ans ! Une éternité ! Je
connais plein de gens de mon âge qui jouent encore actuellement
un répertoire datant de 1972… C’est étrange. Pour ma part,
il peut m’arriver de temps en temps de jouer une ou deux
chansons de Deep Purple car je sais que cela fait plaisir au
public mais je suis davantage intéressé par mon répertoire
actuel.
-the
lord : Comment s’inscrit Music For The Divine dans
ce répertoire ?
Glenn Hughes :
Ce sont des chansons typiquement Glenn Hughes mais où Chad Smith
m’a poussé dans mes derniers retranchements et m’a encouragé
à aller dans une veine artistique très différente de ce que je
faisais habituellement. Nous avons joué certaines chansons à
John Frusciante et il a adoré. Les morceaux sont souvent plus pop
et orientés radio en quelque sorte car j’ai beaucoup composé
à la guitare acoustique et au piano. Je savais que je pouvais
faire de bons titres dans ce style mais je n’avais jamais eu la
force d’en enregistrer. Chad Smith a vraiment été le déclic
dans cette démarche. Je ne regrette pas d’avoir franchi le pas
car l’album a été extrêmement bien accepté par la presse et
les fans.
-the
lord : Tu trouves que tes précédents albums solo
avaient été moins bien accueillis ?
Glenn Hughes :
Ca dépend desquels mais Music For The Divine est clairement celui
qui a été le mieux perçu de tous mes albums solo. Déjà au
bout d’une semaine dans les bacs, le disque s’est mieux vendu
que Soul Mover. Je pense donc qu’il va s’agir de l’album de
Glenn Hughes le plus vendu de ma carrière. Ca m’excite
d’avance !
-the
lord : Quel est le message spirituel de Music For The
Divine ?
Glenn Hughes :
Etre bon avec autrui et bon avec soi-même. La première chanson
ouvre le bal en expliquant une valeur simple et fondamentale :
être honnête. La dernière explique j’étais égoïste mais
que j’ai changé car j’ai trouvé ma véritable nature au fil
du temps. L’album invite donc tous les auditeurs à devenir
meilleurs. Je sais que mes paroles peuvent aider mes fans à
devenir meilleur donc j’essaie d’y mettre de bons messages. Ma
vie est devenue assez spirituelle.
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