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Deuxième album pour ces teutons, rejetons illégitimes de
Rhapsody et Stratovarius. On leur avait reproché lors de la
parution de leur premier opus, tout comme à beaucoup de leurs
collègues d'ailleurs, un manque de créativité certain.
Conscients du problème, les Galloglass semblent avoir oeuvré
pour l'éviter ici; et si le résultat global n'est pas
franchement excellent de bout en bout, quelques titres tirent leur
épingle du jeu et justifient à eux seuls la note très correcte
de Heavenseeker. Evidemment, si la pochette était motif de
critique au même titre que la musique, peut-être aurait-il fallu
y retirer deux points...
Des leads et des soli très mélodiques font irrémédiablement
penser à Nocturnal Rites dans chacune des pièces de l'album.
Mais la tendance générale développée ici, à savoir speed sur
toute la ligne avec riffs hachés en introduction, emprunte plus
que jamais à Stratovarius. Galloglass ne daigne pas changer sa
cuisine et nous sert, sur un total de onze, dix titres
ultra-rapides, difficiles à encaisser. Nous pouvons suggérer au
batteur Arnd Lorenz d'arrêter le café et de gigoter ainsi ses
pieds sans arrêt, voire même de s'auto-amputer d'une jambe, ça
l'aidera sûrement. Ainsi les "Burden Of Grief",
"Perished In Flames", "To Kneel Is To Suffer"
ne peuvent que passer inaperçus, insipides tant en technique
(parce que trop mécaniques, trop machinalement rapides) qu'en
feeling (le chanteur Carsten frank, élément pour le moins déterminant
dans ce type de musique, atteint bien vite ses limites en chant
aigu, n'est pas kotipelto qui veut...). Les violons apparaissent
sur "After Forever", ainsi qu'une voix hargneuse typée
black, pas excellemment réussie d'ailleurs, venue réhausser les
mélodies du refrain. Cela n'empêche pas les premiers morceaux de
cet album d'en être, pour ainsi dire, les plus mauvais.
Curieux choix dans l'ordre des chansons, si l'on considère que ce
sont bien ces premiers titres qui seront entendus par les acquéreurs
potentiels en magasin. La fin de Heavenseeker, pourtant, ne vaut
guère mieux, avec un "Signs" et un "Beyond The
Mirror" du même acabit: rapides, furieux, lourds et sans âme.
Disons plutôt: sans relief. Aucune "valeur ajoutée"
Galloglass n'est à trouver sur ces morceaux très communs. Intéressons-nous
donc plutôt à "Dawn Of A New Age": les aspects folk
symphoniques, seul véritable atout du combo, mais pas au niveau
de ceux de Rhapsody, y sont enfin utilisés à bon escient; et le
refrain héroïque que les Allemands nous servent, à base de
vocaux entremêlés, est infiniment plus convaincant. On monte
encore d'un cran avec "Banished From Eternity",
positivement suprenant, notamment grâce à l'introduction de voix
féminines et à une partie instrumentale infernale. Les violons
se font encore plus déterminants. "At The Shadowcross"
boucle la boucle, et termine ce tour d'horizon speed-metal
symphonique en beauté avec en son sein un break somptueux.
On n'atteint pas le degré de musicalité - et d'opportunisme - de
Rhapsody, cela est assez clair, et personne ne s'y trompera:
Galloglass est encore loin derrière. La faute, en majeur partie,
à cette linéarité et à ce manque d'ambition. Seule "Kings
Who Die", ancien titre de Galloglass récemment réenregistré,
s'oriente du côté de la ballade médiévale folk, avec
arrangements et choeurs assez splendides (dommage que ces derniers
soient mixés légèrement en retrait...), mais toujours quelques
plans de bastonnage de batterie déplacés. La production, elle,
est des plus satisfaisantes, surtout en ce qui concerne les éléments
synthético-symphoniques. En l'espace de quatre titres, Galloglass
démontre qu'il est à même de se faire un nom. C'est peu sur
tout un album, mais c'est un début. Compositions à étoffer,
chant à travailler (ou chanteur à éclipser?), batteur à
mutiler: telles sont les résolutions pour 2006 que je prends, au
nom de Galloglass.
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