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Avec trois groupes à
l'affiche, cette soirée est placée sous le signe du rock dans tous
ses états. Difficile en effet de voir un point commun entre le rock
basique de Rye Coalition, le cérébralo-prog-indé de Secret Machines et
l'alternatif de Foo Fighters. Et comme plus des neuf-dixièmes du public
se sont déplacés pour le groupe de Dave Grohl, on comprend mieux
pourquoi les premières parties ont reçu un accueil frileux. Pour
Rye Coaltion, il faut dire que leur musique était tout simplement
mauvaise et ne cherchait qu'à plagier AC/DC aussi bien dans
l'attitude scénique (le guitariste imite les fameux pas d'Angus
Young) que dans la musique (la reprise de Whole Lotta Rosie ne
dépareillait absolument pas au milieu de leurs morceaux
"originaux"). Bref, trente minutes à oublier au plus vite.
Les réactions mitigées envers
Secret Machines n'étaient en revanche pas du tout méritées.
Certes, la rupture avec Rye Coaltion est brutale puisque le trio
joue plongé dans l'obcurité et construit de longues ambiances
planantes à la manière d'un Sigur Ros. Mais le moment venu, ce
combo sait aussi se faire violence et va piquer quelques idées du
côté de Muse. Conséquence: on alterne entre atmosphères
nébuleuses et attaques sismiques. Découvrir ce groupe en concert
n'est pas forcément aisé et les musiciens ne font rien pour se
rendre sympathiques mais cela ne doit pas entacher une belle
prestation hypnotique et introvertie.
On change encore de registre avec Foo Fighters, de loin le groupe le plus pro de
la soirée. Avec son répertoire rempli de hit singles et un Dave
Grohl très relax, les Américains ont séduit un public français
qui ne les ont pas toujours adoré comme le rappelait en riant le
chanteur-guitariste. Pas très communicatif en début de concert,
l'ex batteur de Nirvana s'est peu à peu détendu jusqu'au rappel
où la complicité avec le public avait de quoi mettre tout le monde
de son côté. En échangeant poste pour poste avec Taylor Hawkins
sur Cold Day In The Sun, les Foo Fighters ont prouvé que si Grohl
pouvait à tout moment reprendre son rôle de batteur, on n'était
pas encore prêt de lui voler la vedette au chant!
Du côté des déceptions on notera
l'absence de This Is A Call, hit du premier album, un show à
l'américaine un peu trop préprogammé et un manque de variété
dans les compositions. Heureusement, Dave Grohl n'hésite pas à
donner de sa personne pour des interprétations intimes et très
réussies de Big Me ou Everlong. Et quand un concert se termine par
un tour de force nommé Monkey Wrench, on reste forcément K.O. et
impuissant pour demander un rappel supplémentaire...
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