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Les Allemands d'Edguy
auront toujours un sens de l'humour bien à eux. Cette année, ils déclenchent
les rires de l'assistance en arrivant en retard suite à un
embouteillage, d'où leur entrée en fanfare (et en hélico).
Par contre, si le groupe est d'une bonne humeur extrêmement
communicative, au niveau du son et de la musique ça ne rigole plus.
Edguy bénéficie d'une très bonne façade: les guitares sont
merveilleusement rendues en lead comme en rythmique, la basse est là
mais ne couvre pas tout, et chant comme batterie ressortent
clairement: durant la première partie du show seuls quelques décrochages
de tonalité seront à déplorer. Et comme je l'ai dit Edguy est un
groupe de musiciens qui se font profondément plaisir, et ça se
voit. C'est simple: aucun groupe avant eux n'avait donné à ce
point l'impression de s'éclater et c'est une bouffée d'air frais.
Là où d'autres prennent des poses de méchant pour se la jouer
metal et échouent à provoquer le moindre frisson, les musiciens
d'Edguy ont en permanence le sourire aux lèvres, s'envoient des
regards d'une complicité enviable et font les cons sans arrêt... Tout en assurant leur parties avec brio.
Le
seul léger couac musical vient de Tobias dont le vibrato déjà
exagéré devient vraiment énorme quand il fatigue et nuit de temps
en temps à la justesse des notes... Mais c'est là chipoter car le
bougre déploie une énergie phénoménale et passe 95% de ses
lignes vocales sans souci. Chant agressif, screaming suraigu, chant
heavy traditionnel: ce garçon a plus d'une corde a son arc! Sa légendaire
tendance à s'habiller n'importe comment n'est pas en reste (voir la
photo). Un concert d'Edguy c'est un peu le
Tobias Sammet Show, et le chanteur ne trahit pas sa réputation: il
parle très longuement au public -en Allemand, argh! on est à un
festival Tobi!- qu'il fait chanter en chœur "Le nouvel album
d'Edguy s'appelle Superheroes et sort le cinq septembre", il descend dans la fosse pour taper dans des paluches et se
trouve dans l'impossibilité de remonter sur scène (et doit se
faire aider), il se vide une bouteille sur la tête pour être aussi
trempé que ses fans, il grimpe sur l'échafaudage géant du bord de
scène au risque de se faire très mal... C'est un florilège.
Pour
la musique, Edguy enfile les perles et déclenche des ovations à
chaque titre. Hellfire Club est mis à l'honneur, notamment via le
culte Lavatory Love Machine que la foule reprend comme un seul
homme, mais les Allemands piochent également dans Theater Of
Salvation et Mandrake. Ceci permet de dégager un fait indubitable:
de tribute-band d'Helloween à peine dissimulé, Edguy est passé au
statut de vrai groupe de heavy, qui ne fait plus du power/speed sa
seule voie d'expression mais juste un aspect de son spectre. Et il
faut bien avouer que les passages rock, heavy ou syncopés sonnent
aussi justes que les bonnes vieilles chansons "pied au
plancher" qui étaient il y a encore quelques années le seul
créneau du groupe. La foule ne s'y trompe pas, et Edguy donne en ce
jeudi 5 aôut un des meilleurs concerts de la journée. Seigneur,
qu'un groupe qui s'éclate est agréable à voir et à entendre!
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